06/11/2009

Volet renseignement du plan recherche et technologie (DGA)

La Direction Générale de l'Armement vient de publier l'édition 2009 de son plan stratégique de recherche et technologie de défense et de sécurité, qui établit notamment les grands axes de la R&D française en matière de renseignement.

Le livre blanc avait annoncé la volonté française d'approfondir sa fonction "connaissance et anticipation" qui comprend la composante renseignement. La commission du LBDSN avait rapidement fixé l'orientation du renforcement des moyens dédiés au renseignement d'origine électromagnétique (ROEM) et au renseignement d'origine imagerie (ROIM), notamment en matière de satellites et de drones. Cette ligne, visant à favoriser les aspects technologiques du renseignement contrastait avec une autre vision post-9/11, largement relayée dans les médias et privilégiant le renseignement humain, avec un effort à fournir dans la formation des officiers de renseignement et le recrutement de traducteurs, pour répondre à la menace posée par le terrorisme.

Les objectifs du LBDSN sont repris intégralement par la DGA et c'est donc sans surprise que les capacités satellitaires et le ROEM occupent une large place dans le volet renseignement du plan stratégique RT.

La composante satellitaire est largement mise en avant, en matière d'imagerie (optronique/SAR) et de Surveillance, Acquisition de cibles, Reconnaissance et Renseignement (SA2R / ISR) et son renforcement devrait intervenir dans le cadre des programmes en cours, en particulier au sein du programme européen MUSIS. Les drones ISR font également partie de l'effort souhaité par la DGA, toujours en privilégiant la collaboration européenne (MALE, Advanced-UAV), alors que la France étudierait des achats sur étagères, peut-être aux USA.

Dans le domaine de l'ISR, la DGA aura pour rôle de développer l'interopérabilité de ses systèmes avec ceux de ses partenaires, en particulier grâce au programme MAJIIC (Multi-Sensor Aerospace-Ground Joint ISR Interoperability), un programme de l'OTAN visant à permettre la fusion de données ISR et leur dissémination rapide vers les différents acteurs opérationnels. Ce programme supervisé par l'agence NC3A de l'OTAN, a fait l'objet d'un test majeur au cours de l'exercice Empire Challenge 2008.

En matière ELINT et guerre électronique, la présentation des programmes de la DGA reste assez succincte, avec la volonté de développer la géolocalisation des émetteurs et l'interception des communications. La recherche d'autoprotection des plates-formes, avec le recours à des brouilleurs devrait être poursuivie, tout comme l'étude des armes MFP, dans un but de protection des systèmes.

Concernant l'interception des communications, la DGA souhaite poursuivre ses recherches en matière de reconnaissance de la parole et de traduction automatisée, notamment par l'initiative Quaero.

La DGA ne fait pas d'annonce particulière concernant la collecte et l'exploitation du renseignement de sources ouvertes (ROSO), si ce n'est à travers la fouille de données (data mining), centrée sur Internet, probablement toujours à travers le programme HERISSON. Il n'est pas non plus fait mention d'efforts de R&D en matière de renseignement humain, qu'il s'agisse de la mise en réseau des informations recueillies, du traitement des données ou de la dissémination vers les forces de théâtre.

Source: DGA - Plan stratégique de recherche et technologie de défense et sécurité 2009 [PDF]

2 commentaires:

  1. Merci de nous faire découvrir ce document très intéressant.

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  2. Merci pour ce commentaire SD. ;)

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