15/05/2009

Remaniement dans les services sud-coréens

Le National Intelligence Service sud-coréen subit un remaniement d'ampleur dans ses missions à l'étranger.

Près de 40 fonctionnaires chargés du renseignement extérieur au NIS ont été remplacés la semaine dernière, dans le cadre d'un remaniement lancé par le nouveau directeur du service. Won Sei-hoon, nommé en janvier par le président Lee Myung-Bak en remplacement de Kim Sung-Ho, a initié de nombreux changements de postes au sein des différents départements, notamment au sein du renseignement intérieur et au département dédié à la Corée du Nord.

Ce remaniement a pour but la reprise en main du service de renseignement national, afin d'assurer le contrôle du président sur le NIS et de faciliter la réforme en cours initiée par Won Sei-hoon.

Le National Intelligence Service, héritié de la Korean Central Intelligence Agency (KCIA), puis de l'Agency for National Security Planning (ANSP), est le principal service de renseignement civil de Corée du Sud. La KCIA fut fondée en 1961 grâce au recrutement de 3 000 personnels issus du contre-espionnage militaire. Le NIS actuel est chargé des missions de renseignement intérieur et extérieur, avec une prérogative centrale que constitue la surveillance de la Corée du Nord.

Sources: Dong-A Ilbo, FAS.

05/05/2009

Le GCHQ surveille le web britannique

La révélation d'un projet visant à centraliser les données échangées sur internet au sein d'une base de données du GCHQ, suscite la polémique au Royaume-Uni.

Le GCHQ (Government Communications Headquarters), est le service de renseignement britannique spécialisé dans les interceptions SIGINT et COMINT. Il est un membre actif du réseau de surveillance Echelon, au sein de l'alliance UKUSA.

Une annonce d'offre d'emploi, publiée par le GCHQ dans un magazine spécialisé, a révélé l'existence d'un programme de surveillance dénommé MTI (Mastering The Internet), visant à surveiller les échanges de données sur le réseau internet. Ce programme, dont l'implémentation aurait débuté en 2008, consistait à disposer des mouchards dans plusieurs installations des FAI (ISP) britanniques, afin de récupérer les données échangées sur le réseau. Les informations recueillies auraient par la suite été centralisées dans une base de données, hébergée par de nouveaux systèmes informatiques au sein du siège du GCHQ à Cheltenham, surnommé the Doughnut.

Le MTI serait un élément du programme de modernisation des interceptions (IMP) en cours au sein du GCHQ et un budget d'un milliard de livres sur trois ans aurait déjà été attribué pour son financement.

La ministre de l'Intérieur (Home Secretary) Jacqui Smith, a rapidement réagi à la révélation de ce programme, assurant que le gouvernement allait faire marche arrière. Le MTI serait remplacé par un nouveau programme, instaurant une base de données interne pour chaque FAI et opérateur téléphonique, afin de conserver certaines données pendant douze mois. La création de ces bases de données individuelles sera soutenu par une subvention d'état, qui pourrait atteindre 2 milliards de livres.

Face aux inquiétudes des défenseurs des libertés individuelles, le GCHQ a publié un communiqué de presse [PDF] dans lequel il affirme que le service ne cherche en aucun cas à surveiller toutes les communications britanniques, ni à contrôler tout internet. Cette déclaration ne fera sans doute pas disparaître tout scepticisme.
En effet, la NSA procède depuis longtemps à des interceptions de communications directement depuis plusieurs centraux internet (IXP), dans le cadre du réseau Echelon, un réseau dont le GCHQ est partie prenante.

Sources: The Register, The Sunday Times.

06/04/2009

Des manettes et des hommes

mod.ukLes armées déployées en Irak et en Afghanistan emploient le plein potentiel des jeux vidéo afin de rendre leurs personnels plus précis dans la mise en oeuvre de leurs systèmes d'armes.

L'utilisation des technologies commerciales issues du jeu vidéo pour la formation et l'entraînement des pilotes est courante depuis l'arrivée des simulateurs de vol sur ordinateurs. Aujourd'hui, les armées n'hésitent pas à exploiter le goût prononcé des troupes pour les jeux virtuels, en récupérant certaines technologies de simulation et de contrôle, afin d'améliorer leurs matériels et procédures.

Simulateurs pour fantassins

Après les wargames, les simulateurs de vol et les simulateurs de blindés sur ordinateur, les simulateurs de combat d'infanterie ont pris de l'ampleur à la fin des années 90. Ces simulateurs, pour la plupart dérivés de logiciels commerciaux, ont pour but d'immerger les utilisateurs dans un environnement tactique réaliste, où les lois de la physique et de la balistique, ainsi que des principes tactiques de base sont simulés en temps-réel.

Le premier de ces simulateurs à remporter un véritable succès dans les forces armées fut le VBS1 (Virtual Battle Space 1), développé par Bohemia Software et acquis en 2001 par le corps des Marines. D'autres jeux vidéo commandés ou sponsorisés par l'US Army, tels que Full Spectrum Warrior ou America's Army, tiennent autant du simulateur que de l'outil promotionnel.

Ces simulateurs, dont l'utilité est toujours contestée, permettent de faire répéter virtuellement, des procédures aux personnels et de simuler des scénarios tactiques, grâce à un environnement virtuel facilement configurable. Ils permettraient également, selon certaines études d'améliorer les capacités visuelles des utilisateurs.

L'US Army croit au potentiel des jeux vidéo pour améliorer ses programmes d'entraînement, comme l'indique son investissement de 50 millions de dollars dans ces technologies, au sein du PEOSTRI (Program Executive Office for Simulation, Training & Instrumentation).

Manettes de combat

Au-delà de la simulation, l'industrie des jeux vidéo a également développé des systèmes de contrôle, les gamepads, qui bien que basiques, possèdent une certaine ergonomie. Plus important encore, ces périphériques de commande sont devenus de véritables standards, car ils sont employés quotidiennement par les soldats dans leurs divertissements.

L'omniprésence des gamepads et autres joysticks, des centres d'entraînement jusqu'aux FOBs, a été rapidement exploitée, notamment par l'US Army. Des gamepads commerciaux sont déjà employés pour contrôler de petits drones terrestres, comme le SUGV (Small Unmanned Ground Vehicle), l'imposant drone tout-terrain Crusher du DARPA, doté d'une mitrailleuse de calibre 50, ou encore le robot de déminage Packbot.

L'utilisation de manettes de jeu réduit le temps de formation des personnels, assure une prise en main très rapide des matériels et les soldats conservent leur dextérité grâce un "entraînement" quotidien au cours des temps de repos.

L'Armée de Terre emploie pour sa part des joysticks, notamment sur le tourelleau Kongsberg qui équipe depuis peu le VAB-TOP, ou pour le contrôle du drone DRAC.

03/04/2009

Hérisson et OSINT

© MoD 2009La DGA confirme le développement d'un démonstrateur technologique visant à la collecte d'informations numériques en sources ouvertes.

La récente médiatisation de l'appel d'offre (2007) de la DGA concernant le système HERISSON (Habile Extraction du Renseignement d'Intérêt Stratégique à partir de Sources Ouvertes Numérisées), a suscité des craintes, dont une comparaison entre le démonstrateur français et le réseau américain Echelon. Pour rappel, le réseau américain Echelon, chapeauté par la NSA, est un réseau global d'interception des communications, qui vise les données privées. Il comprend toutefois des systèmes de collecte d'informations en sources ouvertes.

Le programme HERISSON vise à la création d'une plate-forme intégrant de multiples outils de collecte de l'information, sur les réseaux ouverts, en exploitant les protocoles (HTTP, FTP, IRC, P2P, POP3) et formats de fichiers (texte, audio, vidéo) les plus courants. Le démonstrateur accédera aux contenus diffusés sur internet, mais également aux flux TV et radio, terrestres et satellitaires. Il permettra la reconnaissance des langues et l'analyse des images.

Une interview du porte-parole de la DGA précise que le système n'aura vocation qu'à exploiter des sources ouvertes. Un contrat a été accordé à EADS en 2008, et les sociétés Bull et Bertin participent au projet. Les services français emploient déjà des solutions commerciales pour la veille informationnelle et la collecte du renseignement d'origine sources ouvertes (ROSO), mais HERISSON constitue le premier programme français non-classifié de son genre. Le démonstrateur semble dédié au Ministère de la Défense et un éventuel partage avec le ministère de l'Intérieur n'est pas spécifié.

Le renseignement de sources ouvertes, OSINT ou ROSO, est une des sources les plus exploitées, mais également une des moins considérées par les services de renseignement. L'OSINT présente l'avantage de pouvoir être exploité et disséminé jusqu'aux plus bas niveaux de classification, favorisant une diffusion dans les ministères et les administrations, voire auprès du public. Le renseignement open source ne dispose historiquement que de peu de moyens dédiés, alors que la croissance constante de ses flux d'informations requiert des investissements technologiques conséquents, une mutualisation des moyens entre services et une concentration des efforts de collecte, de traitement et d'analyse.

Des le début des années 90, des membres éminents de l'Intelligence Community américaine, tels que l'Amiral Studeman, alertaient les services de renseignement et le gouvernement sur l'importance de développer les capacités du renseignement OSINT. Cette nécessité n'a été prise en compte que tardivement, après les attentats du 11 septembre 2001 et le lancement d'une réforme du renseignement US.

La principale initiative des Etats-Unis fut la transformation, en 2005, du FBIS (Foreign Broadcast Information Service) de la CIA, en une agence centrale chargée de la collecte du renseignement open source, l'OSC (Open Source Center), dont les données sont accessibles aux agences de renseignement, aux forces armées et aux administrations.

Les forces armées américaines ont également fourni des efforts importants afin d'intégrer le renseignement de sources ouvertes dans leurs unités. Plusieurs services dédiés à l'OSINT ont été créés dans dans les unités de renseignement militaire (MI), les efforts de collecte et d'analyse sont désormais coordonnés par l'intermédiaire du réseau IKN (Intelligence Knowledge Network) et l'US Army a lancé une campagne afin de sensibiliser les soldats à la collecte de renseignement. À cet effet, la bibliothèque du renseignement militaire (MI Library) de Fort Huachuca a été modernisée et offre un accès virtuel à ses données par deux réseaux, AKO (Army Knowledge Online) et Intelink-U (anciennement OSIS). Le programme WBIL (World Basic Information Library), visant à appuyer la collecte de renseignement open source, a été renforcé, en formant des soldats d'active et de réserve, à la collecte d'informations OSINT.

En France, aucun programme d'envergure en matière de renseignement open source n'a été annoncé. Le récent Livre Blanc ne propose pas d'effort particulier en matière d'exploitation des sources ouvertes, préférant mettre l'accent sur les sources humaines et les moyens spatiaux. En 2005, la DRM poursuivait un effort d'organisation afin de mieux exploiter les sources ouvertes, effort dont le programme HERISSON découle probablement. La DGSE semble se concentrer sur ce qu'elle considère être son coeur de métier, à savoir le renseignement humain, l'OSINT demeurant un complément.

26/03/2009

Drones ISR Gigapixels

A160T - DARPALe Pentagone a annoncé le développement de deux nouveaux capteurs d'imagerie très haute résolution favorisant le suivi de cibles et l'observation du champ de bataille.

Le système Gorgon Stare, un capteur électro-optique et infrarouge, permettra de surveiller en temps réel une zone d'un rayon de 4km, grâce à 12 caméras dirigées chacune dans un angle différent.

Ce système est l'héritier des systèmes électro-optique de surveillance Constant Hawk (US Army) et Angel Fire (USAF/USMC). Le Constant Hawk est employé par le JIEDDO dans la détection des IEDs, à l'aide de prises de vues haute résolution et d'analyse informatisée de l'image (pattern analysis).

Chaque capteur coûtera 15 millions de dollars et devrait à terme compléter le système de surveillance multispectral déjà embarqué par le drone MQ-9 Reaper. Dix premières unités devraient être livrées en 2010.

Le système ARGUS-IS (Autonomous Real-time Ground Ubiquitous Surveillance - Imaging System), programme du DARPA confié à BAE Systems sera un capteur de surveillance électro-optique visant à la surveillance du champ de bataille sous des angles multiples et au suivi de cibles mouvantes (MTI).

L'ARGUS permettra la surveillance d'une zone d'un rayon de 7km et sera doté d'un capteur vidéo de 1.8 Gigapixels. Il permettra la diffusion en temps réel de 65 flux vidéos sélectionnés dans les prises de vues réalisées par le capteur.

Le système ARGUS transmettra ses données à une station au sol par le biais du CDL (Common Data Link), déjà employé pour d'autres systèmes ISR et émettant sur les fréquences des bandes Ku et X.

L'ARGUS-IS devrait être emporté par le drone à voilure tournante A160T-Hummingbird de Boeing, déjà mis en oeuvre par l'US SOCOM.

13/03/2009

Une cybersécurité très recherchée

Flickr: fatbwoyLe débat américain sur la cybersécurité se poursuit pour définir ses contours et les limites des différentes juridictions.

La guerre cybernétique est un concept que les armées et services de renseignement tentent d'approcher depuis plusieurs dizaines d'années. Rattachée aux technologies de pointes et aux systèmes informatisés, la guerre cybernétique constitue toujours une nébuleuse tant dans sa doctrine que dans ses champs d'application.

Constituant aussi bien un théâtre d'affrontement entre puissances étatiques, qu'une cible pour des mouvements terroristes ou des criminels, les applications qu'offrent le cyberespace sont nombreuses. La notion de cybersécurité s'en trouve pour le moins insaisissable, s'étalant de l'espionnage industriel à la guerre électronique de théâtre.

L'enjeu de la cybersécurité est également devenu un domaine de prestige, comme le montre la concurrence qui s'installe entre forces armées et agences fédérales aux USA.

L'Air Force, avait souhaité prendre la tête de la cybersécurité aux Etats-Unis, avec la création du Cyber Command (AFCYBER) en 2007. L'US Air Force, experte en matière de guerre électronique, de renseignement électronique et d'interception des communications dans le cadre de ses opérations militaires, possède également un savoir-faire en matière de sécurisation des réseaux. Toutefois, le cadre incertain de sa mission a amené l'USAF à mettre en veille le projet de Cyber Command, qui aurait du être doté d'une force dédiée de 40 000 hommes, en le remplaçant par une force de cybersécurité au sein du Space Command.

Le gouvernement américain a tenté d'unifier les efforts des agences fédérales en matière de cybersécurité, par la création d'un bureau de la cybersécurité, le NCSC (National Cyber Security Center), au sein du DHS. Son directeur, Rod Beckström, a pris la décision de démissionner le 5 mars dernier, affirmant qu'il n'avait pas reçu l'appui nécessaire du DHS pour mener à bien sa mission de coordinateur de la cybersécurité.

Beckström a notamment critiqué la dominance de la NSA dans toutes les opérations de cybersécurité, qu'il juge néfaste. Dennis Blair, le DNI nommé par Barack Obama, avait expliqué quelques jours plus tôt que la NSA semblait la plus qualifiée pour chapeauter la cybersécurité américaine. La NSA possède en effet une réelle expertise en matière de cryptologie, d'interceptions des communications, de traitement des données et de pénétration des réseaux, ainsi que des moyens technologiques avancés.

La cybersécurité reste donc en chantier aux Etats-Unis et aucune agence ou armée ne semble posséder en l'état toutes les capacités nécessaires à sa prise en charge. La coopération interservices, bien que toujours délicate, semble pour l'instant plus viable que la création d'une agence unique.

03/03/2009

Les fantaisies du DARPA

Le DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) est connu pour ses nombreux programmes militaires qui ont permis aux États-Unis de se maintenir au premier rang dans le domaine des technologies de défense. Le DARPA est également l'initiateur de projets étonnants, dont certains relevaient jusqu'alors de la science-fiction. Ces différents projets détonnent alors que plusieurs pays annoncent des réductions de leurs budgets de défense et que le président Obama a appelé à une rationalisation des programmes de défense.

L'agence de recherche du Pentagone a annoncé la reprise de son programme visant à la fabrication de projectiles guidés de petits calibres. Après un programme de recherche avorté dans les années 90 (BLAM - Barrel-Launched Adaptive Munition), le DARPA a relancé l'idée d'une balle guidée de calibre 50 pour ses fusils de précision, à travers le projet EXACTO (EXtreme ACcuracy Tasked Ordnance). L'agence demande aux industriels de se pencher sur la conception d'une balle capable de modifier sa trajectoire grâce à un guidage interne et à des stabilisateurs. Les stabilisateurs pourront être de différentes natures, qu'ils s'agissent de volets, de charge explosives directionnelles ou de "tendons" piezocéramiques faisant varier la géométrie du projectile.

Le DARPA, précurseur en matière de systèmes informatisés, détient en partie la paternité d'Internet, à travers la création du réseau ARPAnet. L'agence souhaite faire un grand pas dans la compréhension des réseaux et dans la guerre virtuelle, en créant un simulateur d'internet. Ce projet baptisé NCR (National Cyber Range) devrait prendre une ampleur colossale s'il est poursuivi, avec un budget qui pourrait atteindre près de 30 milliards de dollars. Le programme vise à créer un environnement simulant le fonctionnement de réseaux complexes, afin d'affiner les connaissances du Pentagone en matière de fonctionnement des réseaux, d'attaques cybernétiques et de propagation de l'information. L'environnement NCR, qui trouvera des applications dans les domaines du renseignement, de la sécurité des systèmes et de la guerre électronique, permettra aux militaires de mener des wargames dans un cyber-environnement réaliste.

L'utilisation d'insectes comme micro-drones d'observation, un projet fantaisiste et récurrent au sein du Pentagone, a fini par connaître une percée dans les laboratoires du DARPA. Le programme HI-MEMS (Hybrid Insect Micro-Electro-Mechanical Systems) a pour but l'implantation dans des larves, de petits modules électro-mécaniques capables de commander les muscles d'un insecte adulte. L'implantation de ces modules dans des larves de lépidoptères a permis d'induire des mouvements de battements d'aile sur commande. Ces technologies demeurent à l'état expérimental et d'autres essais sur des animaux ont connu des résultats mitigés, mais l'intérêt du DARPA ne semble pas désemplir.

Le Pentagone a créé, grâce au concours du DARPA, une nouvelle génération de bombes incendiaires, visant à la destruction de cibles confinées ou enterrées. Ces bombes développées avant l'invasion de l'Irak, afin de s'attaquer à des installations abritant des ADM, contiennent des charges explosives (HE) et un composé incendiaire à base de phosphore blanc. Ces nouvelles charges, intégrées dans deux modèles de bombes pré-existants (Mk 84 et BLU-109), propagent leurs effets incendiaires sous la forme de "boules de feu à effet cinétique". Ces projectiles incendiaires brûlant à plus de 1000°C seraient capables de rebondir sur des surfaces dures jusqu'à consumation. Ces deux bombes qui n'auraient pas été employées jusqu'à présent, offrent une alternative exotique aux charges thermobariques.

Le Strategic Technology Office du DARPA, a lancé un programme de biocarburants militaires, avec comme objectif la conception d'un carburant non-issu du pétrole, à partir d'huiles végétales ou encore d'algues marines. Cette initiative vise à remplacer le carburant pour aéronefs JP-8 (Jet Fuel), par un carburant renouvelable. Ce nouveau programme de recherche fait écho aux initiatives récentes de l'US Air Force dans l'emploi de carburants alternatifs, notamment un carburant synthétique issu du charbon bitumineux.

Le DARPA est également très actifs dans le domaine des technologies médicales et dans leurs applications militaires. Il développe un prototype prometteur de prothèse intelligente dotée de servomoteurs, ne nécessitant pas de chirurgie et uniquement un court entraînement. La lutte contre les effets du manque de sommeil chez les soldats attire l'attention du Pentagone depuis longtemps, à travers la distribution de médicaments issus de la recherche pharmaceutique, mais également par la recherche sur les processus hormonaux responsables de la perte d'attention. Le DARPA pourrait à terme développer un médicament sous forme de spray, développé à partir de l'Orexine A et capable de limiter sensiblement les effets du manque de sommeil.