26/03/2009

Drones ISR Gigapixels

A160T - DARPALe Pentagone a annoncé le développement de deux nouveaux capteurs d'imagerie très haute résolution favorisant le suivi de cibles et l'observation du champ de bataille.

Le système Gorgon Stare, un capteur électro-optique et infrarouge, permettra de surveiller en temps réel une zone d'un rayon de 4km, grâce à 12 caméras dirigées chacune dans un angle différent.

Ce système est l'héritier des systèmes électro-optique de surveillance Constant Hawk (US Army) et Angel Fire (USAF/USMC). Le Constant Hawk est employé par le JIEDDO dans la détection des IEDs, à l'aide de prises de vues haute résolution et d'analyse informatisée de l'image (pattern analysis).

Chaque capteur coûtera 15 millions de dollars et devrait à terme compléter le système de surveillance multispectral déjà embarqué par le drone MQ-9 Reaper. Dix premières unités devraient être livrées en 2010.

Le système ARGUS-IS (Autonomous Real-time Ground Ubiquitous Surveillance - Imaging System), programme du DARPA confié à BAE Systems sera un capteur de surveillance électro-optique visant à la surveillance du champ de bataille sous des angles multiples et au suivi de cibles mouvantes (MTI).

L'ARGUS permettra la surveillance d'une zone d'un rayon de 7km et sera doté d'un capteur vidéo de 1.8 Gigapixels. Il permettra la diffusion en temps réel de 65 flux vidéos sélectionnés dans les prises de vues réalisées par le capteur.

Le système ARGUS transmettra ses données à une station au sol par le biais du CDL (Common Data Link), déjà employé pour d'autres systèmes ISR et émettant sur les fréquences des bandes Ku et X.

L'ARGUS-IS devrait être emporté par le drone à voilure tournante A160T-Hummingbird de Boeing, déjà mis en oeuvre par l'US SOCOM.

13/03/2009

Une cybersécurité très recherchée

Flickr: fatbwoyLe débat américain sur la cybersécurité se poursuit pour définir ses contours et les limites des différentes juridictions.

La guerre cybernétique est un concept que les armées et services de renseignement tentent d'approcher depuis plusieurs dizaines d'années. Rattachée aux technologies de pointes et aux systèmes informatisés, la guerre cybernétique constitue toujours une nébuleuse tant dans sa doctrine que dans ses champs d'application.

Constituant aussi bien un théâtre d'affrontement entre puissances étatiques, qu'une cible pour des mouvements terroristes ou des criminels, les applications qu'offrent le cyberespace sont nombreuses. La notion de cybersécurité s'en trouve pour le moins insaisissable, s'étalant de l'espionnage industriel à la guerre électronique de théâtre.

L'enjeu de la cybersécurité est également devenu un domaine de prestige, comme le montre la concurrence qui s'installe entre forces armées et agences fédérales aux USA.

L'Air Force, avait souhaité prendre la tête de la cybersécurité aux Etats-Unis, avec la création du Cyber Command (AFCYBER) en 2007. L'US Air Force, experte en matière de guerre électronique, de renseignement électronique et d'interception des communications dans le cadre de ses opérations militaires, possède également un savoir-faire en matière de sécurisation des réseaux. Toutefois, le cadre incertain de sa mission a amené l'USAF à mettre en veille le projet de Cyber Command, qui aurait du être doté d'une force dédiée de 40 000 hommes, en le remplaçant par une force de cybersécurité au sein du Space Command.

Le gouvernement américain a tenté d'unifier les efforts des agences fédérales en matière de cybersécurité, par la création d'un bureau de la cybersécurité, le NCSC (National Cyber Security Center), au sein du DHS. Son directeur, Rod Beckström, a pris la décision de démissionner le 5 mars dernier, affirmant qu'il n'avait pas reçu l'appui nécessaire du DHS pour mener à bien sa mission de coordinateur de la cybersécurité.

Beckström a notamment critiqué la dominance de la NSA dans toutes les opérations de cybersécurité, qu'il juge néfaste. Dennis Blair, le DNI nommé par Barack Obama, avait expliqué quelques jours plus tôt que la NSA semblait la plus qualifiée pour chapeauter la cybersécurité américaine. La NSA possède en effet une réelle expertise en matière de cryptologie, d'interceptions des communications, de traitement des données et de pénétration des réseaux, ainsi que des moyens technologiques avancés.

La cybersécurité reste donc en chantier aux Etats-Unis et aucune agence ou armée ne semble posséder en l'état toutes les capacités nécessaires à sa prise en charge. La coopération interservices, bien que toujours délicate, semble pour l'instant plus viable que la création d'une agence unique.

03/03/2009

Les fantaisies du DARPA

Le DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) est connu pour ses nombreux programmes militaires qui ont permis aux États-Unis de se maintenir au premier rang dans le domaine des technologies de défense. Le DARPA est également l'initiateur de projets étonnants, dont certains relevaient jusqu'alors de la science-fiction. Ces différents projets détonnent alors que plusieurs pays annoncent des réductions de leurs budgets de défense et que le président Obama a appelé à une rationalisation des programmes de défense.

L'agence de recherche du Pentagone a annoncé la reprise de son programme visant à la fabrication de projectiles guidés de petits calibres. Après un programme de recherche avorté dans les années 90 (BLAM - Barrel-Launched Adaptive Munition), le DARPA a relancé l'idée d'une balle guidée de calibre 50 pour ses fusils de précision, à travers le projet EXACTO (EXtreme ACcuracy Tasked Ordnance). L'agence demande aux industriels de se pencher sur la conception d'une balle capable de modifier sa trajectoire grâce à un guidage interne et à des stabilisateurs. Les stabilisateurs pourront être de différentes natures, qu'ils s'agissent de volets, de charge explosives directionnelles ou de "tendons" piezocéramiques faisant varier la géométrie du projectile.

Le DARPA, précurseur en matière de systèmes informatisés, détient en partie la paternité d'Internet, à travers la création du réseau ARPAnet. L'agence souhaite faire un grand pas dans la compréhension des réseaux et dans la guerre virtuelle, en créant un simulateur d'internet. Ce projet baptisé NCR (National Cyber Range) devrait prendre une ampleur colossale s'il est poursuivi, avec un budget qui pourrait atteindre près de 30 milliards de dollars. Le programme vise à créer un environnement simulant le fonctionnement de réseaux complexes, afin d'affiner les connaissances du Pentagone en matière de fonctionnement des réseaux, d'attaques cybernétiques et de propagation de l'information. L'environnement NCR, qui trouvera des applications dans les domaines du renseignement, de la sécurité des systèmes et de la guerre électronique, permettra aux militaires de mener des wargames dans un cyber-environnement réaliste.

L'utilisation d'insectes comme micro-drones d'observation, un projet fantaisiste et récurrent au sein du Pentagone, a fini par connaître une percée dans les laboratoires du DARPA. Le programme HI-MEMS (Hybrid Insect Micro-Electro-Mechanical Systems) a pour but l'implantation dans des larves, de petits modules électro-mécaniques capables de commander les muscles d'un insecte adulte. L'implantation de ces modules dans des larves de lépidoptères a permis d'induire des mouvements de battements d'aile sur commande. Ces technologies demeurent à l'état expérimental et d'autres essais sur des animaux ont connu des résultats mitigés, mais l'intérêt du DARPA ne semble pas désemplir.

Le Pentagone a créé, grâce au concours du DARPA, une nouvelle génération de bombes incendiaires, visant à la destruction de cibles confinées ou enterrées. Ces bombes développées avant l'invasion de l'Irak, afin de s'attaquer à des installations abritant des ADM, contiennent des charges explosives (HE) et un composé incendiaire à base de phosphore blanc. Ces nouvelles charges, intégrées dans deux modèles de bombes pré-existants (Mk 84 et BLU-109), propagent leurs effets incendiaires sous la forme de "boules de feu à effet cinétique". Ces projectiles incendiaires brûlant à plus de 1000°C seraient capables de rebondir sur des surfaces dures jusqu'à consumation. Ces deux bombes qui n'auraient pas été employées jusqu'à présent, offrent une alternative exotique aux charges thermobariques.

Le Strategic Technology Office du DARPA, a lancé un programme de biocarburants militaires, avec comme objectif la conception d'un carburant non-issu du pétrole, à partir d'huiles végétales ou encore d'algues marines. Cette initiative vise à remplacer le carburant pour aéronefs JP-8 (Jet Fuel), par un carburant renouvelable. Ce nouveau programme de recherche fait écho aux initiatives récentes de l'US Air Force dans l'emploi de carburants alternatifs, notamment un carburant synthétique issu du charbon bitumineux.

Le DARPA est également très actifs dans le domaine des technologies médicales et dans leurs applications militaires. Il développe un prototype prometteur de prothèse intelligente dotée de servomoteurs, ne nécessitant pas de chirurgie et uniquement un court entraînement. La lutte contre les effets du manque de sommeil chez les soldats attire l'attention du Pentagone depuis longtemps, à travers la distribution de médicaments issus de la recherche pharmaceutique, mais également par la recherche sur les processus hormonaux responsables de la perte d'attention. Le DARPA pourrait à terme développer un médicament sous forme de spray, développé à partir de l'Orexine A et capable de limiter sensiblement les effets du manque de sommeil.

02/03/2009

Satellites tactiques et vecteurs

Lanceur Minotaur - NASALes projets de satellites dits "tactiques" sont un des héritages de la guerre froide. Le lancement à la demande revient toutefois au goût du jour, qu'il s'agisse de répondre aux menaces spatiales, de développer une capacité de lancement commercial, de combler un gap opérationnel ou d'entrer dans le club des puissances spatiales.

Les programmes de satellites tactiques, visent à mettre rapidement en orbite des micro-satellites capables de couvrir des théâtres nécessitant une surveillance spécifique en terme de capteurs (reconnaissance, interceptions, détection) ou des relais de communications. Ces petits satellites ont vocation à être déployés sur des orbites basses.

La nature "tactique" de ces satellites est cependant remise en cause, car comme le souligne Edward B. Tomme (USAF), spécialiste du programme américain de satellites tactiques, bien que ces micro-satellites soient caractérisés par leur rapidité de mise en orbite et leur souplesse d'utilisation, leurs usages demeurent de nature stratégique.

Plusieurs vecteurs ont été développés pour lancer ces satellites à la demande. Bien que plusieurs projets soient restés à l'état de concepts, une gamme de vecteurs à déploiement rapide ont été développés depuis une quarantaine d'années.

Les américains ont développé à cet effet plusieurs petits lanceurs conventionnels, capable de déployer en orbite basse des charges de 500kg à 1700kg, parmi lesquels les vecteurs commerciaux Taurus et Minotaur. Les européens pour leur part, développent le lanceur VEGA, capable de placer en orbite des charges de 300kg à 2000kg.

Des lanceurs non-conventionnels ont également été développés, afin de permettre à des nations ne disposant pas d'un programme spatial avancé de placer des satellites en orbite, mais également afin de gagner en souplesse et de réduire les coûts de lancement. Dans les années 70, les USA et la Russie ont développé des programmes visant à employer des chasseurs-bombardiers comme vecteurs, pour le lancement de missiles anti-satellites. Ces programmes avaient fait germer l'idée de déployer en orbite basse de véritables micro-satellites à partir de chasseurs à réactions, comme le F-16 ou le Mig-31.

Pegasus, un programme conjoint de la NASA et de l'industriel Orbital, est basé sur le déploiement à haute-altitude d'un petit lanceur, transporté dans la première phase du lancement par un Lockheed L-1011. La fusée Pegasus a permis le lancement de plus de 80 petits satellites depuis 1996.

En 2003, le DARPA a lancé un appel d'offre visant au développement d'un petit lanceur mis en oeuvre à haute altitude par un avion de transport militaire non-modifié. Ce programme avait pour but de déployer en seulement 24 heures un lanceur de test pour des moteurs expérimentaux, dans le cadre du projet Falcon. AirLaunch LLC a développé dans ce cadre un petit lanceur baptisé QuickReach, pouvant être largué à partir d'un C-17 et capable de placer une charge de 500kg en orbite basse.

Dassault Aviation a annoncé la mise en projet d'un micro-lanceur qui sera emporté par le Rafale et aura pour mission la mise en orbite d'un satellite de 150kg sur une orbite basse à 800km d'altitude. Le MLA (Micro-Lanceur Aéroporté), sera un lanceur tricorps (corps central et deux boosters latéraux à propergol solide), inspiré par les précédents programmes développés pour le Mirage IV.

La BBC rapportait récemment qu'un opérateur commercial britannique, SSTL, développerait une solution de lancement pour des micro-satellites en orbite basse, avec un lanceur largué depuis le White Knight Two, l'avion de Virgin Galactic dédié au tourisme spatial. Ce lanceur pourrait permettre à terme la mise en orbite de micro-satellites de 50kg à 200kg.

D'autres modes de mise en orbite de micro-satellites sont également à l'étude, comme l'utilisation d'ICBM comme vecteurs, notamment tirés depuis des sous-marins pour remplacer rapidement des satellites endommagés, ou encore le placement de micro-satellites en orbites d'attente afin de les déployer en orbites basses au moment opportun.

À lire sur ce sujet: Y.I. Lipovsky - Responsive tactical space using micro satellites [PDF], E.B. Tommes - The strategic nature of tactical satellites [PDF], Airlaunch LLC - Trade studies for air launching a small launch vehicle from a cargo aircraft [PDF].

26/02/2009

Le drone français SIDM

L'Armée de l'Air, a annoncé le déploiement de ses premiers drones SIDM en Afghanistan, sur la base de Bagram.

Le SIDM (Système Intérimaire de Drones MALE), a effectué son premier vol le 15 février depuis la base OTAN de Bagram. Ce drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance), deployé en trois exemplaires, est mis en oeuvre par 40 personnels de l'AdA. Le SIDM est un drone de 16 mètres d'envergure, capable de s'élever jusqu'à 7 000m d'altitude, et possédant une autonomie d'environ 20 heures. Il emporte des capteurs électro-optique/infrarouge, un radar d'imagerie à synthèse d'ouverture (SAR) et un désignateur laser, pour le guidage de bombe et de missiles.




Ce nouveau drone a été baptisé Harfang, un nom d'oiseau de proie qui n'en fait pas pour autant un Predator. En effet, contrairement au drone américain, lui aussi déployé en Afghanistan, il n'est pas prévu que le SIDM emporte le moindre armement. Le Predator peut pour sa part fournir un appui aérien aux troupes au sol ou effectuer des attaques ciblées contre des HVT (High Value Target), à l'aide de ses missiles Hellfire (versions MQ-1 et MQ-9) ou de ses bombes guidées Paveway II (MQ-9).

Le SIDM est un drone israélien IAI Heron, modifié pour correspondre au cahier des charges de l'armée de l'air, notamment en matière d'autonomie, d'avionique et de contrôle. Le Heron israélien est doté à l'origine de systèmes américains protégés par une clause d'interdiction à l'exportation. Deux versions spécial export ont donc été concoctées par IAI, Eagle 1, dotée d'un moteur à pistons et Eagle 2, qui embarque pour sa part un turboprop plus véloce. C'est la version Eagle 1 modifiée qui a été sélectionnée par la France, puis déployée après plusieurs retards dans son développement.

Les israéliens développent une version lourde du Heron, le Heron TP (Eitan), qui avec une capacité d'emport de près de 1000kg, pourra être armé de bombes ou de missiles.

Sources: EADS, Secret Défense, Défense Ouverte, Zone Militaire, AdA, MinDef.

24/02/2009

SPIRALE et satellites d'alerte avancée

SPIRALE - MinDef/EADSLa France a mis en orbite le 12 février deux micro-satellites SPIRALE, deux démonstrateurs d'alerte avancée contre les missiles balistiques.

Ces deux petits satellites (117kg), auront pour rôle la détection des tirs de missiles balistiques à l'aide de capteurs infrarouge. Ces démonstrateurs SPIRALE (Système Préparatoire InfraRouge pour l’ALErte), développés par Thalès Alenia, sous le contrôle d'EADS Astrium, orbiteront entre 600km et 36 000km d'altitude.

Leur mission consistera principalement à affiner les réglages du système de détection infrarouge, afin d'éviter des faux-positifs (réflexions, autres sources thermiques) lors de la mise en oeuvre du futur système opérationnel, qui devrait assurer la couverture d'une zone de 4000km de large.

Le système satellitaire d'alerte avancé, sera couplé aux technologies de traitement de l'image Sésame, présentes au sein de la station au sol. À terme, ce système de détection satellitaire, dont les contours furent dessinés par le LBSDN, sera appuyé par un radar terrestre Très Longue Portée (TLP) qui permettra la détection de tir de missiles balistiques. Ce radar, décrit comme coûteux (120 millions d'euros) et de très grandes dimensions (400m de surface d'émission), pourrait correspondre à un radar à balayage électronique (phased array), similaire au radar d'alerte avancée américain PAWS/UEWR.

La détection infrarouge, mise en oeuvre par le système SPIRALE ou le SBIRS américain, demeure le système satellitaire privilégié pour la détection des tirs de missiles balistiques. La détection ABM par un système radar satellitaire est toutefois envisagée par les Etats-Unis, dans le cadre du programme SBR (Space-Based Radar). La détection radar AMTI (Airborne Moving Target Indicator) pourrait permettre à un satellite de suivre jusqu'à neuf missiles, et ce avant qu'ils n'atteignent l'altitude nécessaire à une détection infrarouge (cloud-break), une capacité de détection pertinente dans le projet américains d'intercepteurs ABM mid-course, ce que n'envisage par la France.

La protection française face aux missiles balistiques demeure toutefois limitée, puisque ce système de détection avancée n'aura pour but que de favoriser l'alerte de la population et la mise en oeuvre d'une riposte. Les contre-mesures actives que déploie la France n'entrent en action que dans la phase d'approche du missile, en ne protégeant que des zones restreintes et non en phase intermédiaire (mid-course), comme le projet d'intercepteurs américain. Il ne s'agit donc pas véritablement d'un bouclier antimissile, la dissuasion demeurant la principale défense française contre les missiles balistiques.

Sources: Défense Ouverte, Les Échos, MinDef.

23/02/2009

Lecture: Surveillance Électronique Planétaire

Référence : Surveillance Électronique Planétaire
Auteur : Duncan CAMPBELL (trad. Héloïse Esquié)
Dépôt légal: Éditions Allia, 19 janvier 2001
ISBN: 2844850529

Résumé:

Echelon, le système de surveillance électronique mis en place par les Américains, et qui fait appel aux technologies les plus avancées, est un élément crucial du réseau mondial qui permet d'espionner toutes les communications, privées ou commerciales, à l'échelle planétaire. Sous couvert de "Lutte contre le Terrorisme", conversations téléphoniques, fax, e-mails, sont interceptés et analysés à des fins économiques et politiques.

Voilà ce que révèle, documents à l'appui, le rapport de Duncan Campbell rédigé pour le Parlement européen et dont la présentation a suscité l'ouverture d'une enquête internationale, confiée à la DST. C'est ce rapport explosif qui est ici rendu public pour la première fois.

L'avis de Zone d'Intérêt:

Ce livre, qui est une réédition du rapport européen sur le réseau d'interception Echelon, rédigé grâce aux années de recherche du journaliste Duncan Campbell, est une référence pour qui s'intéresse au renseignement. Bien que le rapport original ait plus de 10 ans, les données techniques et factuelles sur les moyens d'interceptions des USA et de ses alliés (R-U, Australie, Canada, Japon), conservent leur intérêt.

De la genèse des ordinateurs-dictionnaire aux interceptions de masse sur réseaux IP par la NSA, tout y est décrit avec un rare niveau de détail. La guerre économique y est également abordée, avec les interceptions à visée commerciale dont plusieurs industriels de défense auraient fait les frais, parmi lesquels Thomson et Alcatel, dans les années 90.

Le rapport original, en anglais, est disponible sur le site du parlement européen [PDF] .