18/09/2010

Contre-terrorisme au Sahel

Les états de la région du Sahel ont renforcé leur action militaire contre Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), recevant l'appui de la France.

Des affrontements opposant des militaires maliens à des combattants liés à AQMI ont eu lieu aujourd'hui dans le nord du Mali, entraînant la mort de plusieurs militaires. À la fin du mois d'août, plusieurs membres supposés d'AQMI sont morts dans des combats contre les forces de sécurité algériennes en Kabylie.

Les raids militaires menés ces derniers mois par l'Algérie, le Mali et la Mauritanie, marquent une offensive significative contre le groupe terroriste AQMI. Cette volonté d'organiser une riposte régionale à la menace Al-Qaïda a été entérinée lors d'une réunion des patrons de services de renseignement à Alger, réunissant des hauts-responsables algériens, maliens, mauritaniens et nigériens. La rencontre aurait débouché sur la création d'une cellule de renseignement conjointe, visant à coordonner les efforts contre les groupes terroristes dans la région du Sahel.

Cette initiative fait suite à la création en avril d'un comité d'état-majors conjoint des pays du Sahel et à un renforcement sensible de la sécurité dans les zones frontalières. Au début de l'année, l'Algérie a renforcé les effectifs dédiés à la surveillances de ses frontières au sud du pays, cette force composée de gendarmes, militaires et gardes-frontières totalisant aujourd'hui 18 000 hommes. Cette force s'est également vue dotée de nouveaux équipements (JVN) et de nouvelles prérogatives, autorisée dans plusieurs secteurs à ouvrir le feu sans sommation sur tout individu franchissant la frontière de nuit. La Mauritanie a également créé de nouvelles unités chargées de la surveillance des frontières et durci sa politique concernant les incursions sur son territoire.

Le raid mauritanien du 22 juillet qui a permis la destruction d'un camp terroriste sur le territoire malien a fait l'objet d'un soutien français significatif. Bien que la présidence mauritanienne et le gouvernement français maintiennent que l'appui français était strictement technique et logistique, les informations du blog Secret Défense indiquent qu'une vingtaine de militaires des forces spéciales françaises ont pris part à l'assaut.

L'initiative antiterroriste des pays du Sahel, poussée par l'Algérie et la Mauritanie, reçoit donc un soutien direct de la France, dont l'action se traduit par un conseil technique et tactique aux forces de sécurité locales, le déploiement de forces spéciales et d'agents de renseignement (appui aux opérations africaines et gestion de crises), ainsi que l'assignation de moyens techniques de renseignement (Hélios) à ces opérations. Cette guerre ouverte contre Al-Qaïda dans la région du Sahel est motivée par la protection des intérêts français dans la région (Algérie, Niger...), une action répressive et dissuasive contre les groupes s'attaquant aux ressortissants français et la volonté de contenir l'expansion d'un sanctuaire terroriste.

La menace d'attaques sur le territoire français, d'abord écartée par Bernard Kouchner, semble désormais envisagée par Hervé Morin qui a évoqué un "risque pour la sécurité de notre pays" et par Brice Hortefeux qui indique un renforcement de la menace terroriste. Le plan Vigipirate devrait faire l'objet de renforcements localisés, principalement dans la capitale.

La lutte contre Al-Qaïda au Maghreb Islamique est donc désormais menée par une véritable task-force constituée par l'Algérie, la Mauritanie, le Mali et le Niger, avec une participation de la Libye, du Tchad et du Burkina Fasso, et recevant un appui de la France et des États-Unis. C'est la base aérienne de Tamanrasset qui servirait de centre des opérations.

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