10/02/2010

Le SOCOM travaille a l'autoprotection de ses hélicoptères

Le commandement des opérations spéciales américain s'intéresse à toutes les innovations technologiques et au développement de nouvelles plateformes pour assurer la protection de ses aéronefs contre les menaces sol-air.

Le colonel Clayton M. Hutmacher, commandant du 160th SOAR (Special Operations Aviation Regiment) a annoncé, lors d'un symposium organisé en janvier par l'US Army, sa volonté d'augmenter la protection de ses hélicoptères en étudiant plusieurs solutions technologiques. Une des premières protections des hélicoptères de transport contre les attaques sol-air réside dans les manœuvres évasives et la vitesse de pointe de l'appareil. Le SOCOM s'intéresse à cette fin à des hélicoptères particulièrement rapides, comme le Piasecki X-49 (Speedhawk), doté d'une hélice carénée de queue (VTDP) ou le Sikorsky X-2 à rotor contrarotatif coaxial et hélice de queue. Ces deux appareils expérimentaux ont une vitesse de croisière supérieure à 350km/h, vitesse qui reste une limite infranchissable pour la plupart des hélicoptères de transport actuels. Afin de produire un modèle de série, le SOCOM serait prêt à lancer un programme commun avec l'une des trois armées américaines ou le corps des Marines.

Le commandement des opérations spéciales cherche également à doter ses hélicoptères de contre-mesures actives contre les attaques sol-air. Les appareils du 160th SOAR sont déjà équipés de dispositifs de contre-mesures, tels que les lance-leurres M-130 qui permettent le tir de leurres contre les missiles à guidages infrarouge (flares) et radar (chaff), ainsi que de brouilleurs infrarouges (IRCM). Le SOCOM a également signé un contrat avec Northrop Grumman pour l'achat de plusieurs exemplaires de son système NEMESIS de contre-mesure infrarouge dirigée (DIRCM), qui couple un système de détection d'approche missile à un laser de forte puissance. Le faisceau laser est dirigé avec précision sur le capteur de guidage infrarouge du missile pour le rendre inopérant.

L'ensemble de ces contre-mesures offre une bonne protection aux appareils contre les missiles sol-air guidés (MANPADS). Cependant, les hélicoptères font face à la menace récurrente de roquettes non-guidées et d'armes légères, auxquelles les appareils sont particulièrement vulnérables lors des phases d'insertion et d'extraction, notamment en cas de tirs croisés multiples. Contre ces armes rustiques très répandues, il existe peu de contre-mesures autres que les manœuvres évasives et la suppression par les armes de bord. Là aussi, le SOCOM est dans l'attente d'un système d'autoprotection (SAP), le HFI (Hostile Fire Indicator). Ce système, basé en partie sur les systèmes de détection de missile, permettra une détection multispectrale (UV, IR, acoustique), de l'origine des tirs, qu'ils s'agissent de roquettes non-guidées ou d'armes légères. Ce système de détection permettra d'afficher la position des tireurs sur un écran et de diriger des pointeurs laser vers l'origine des tirs, afin d'aider pilotes et servants dans leurs tâches respectives.

Les forces françaises équipent également leurs hélicoptères de SAP, en particulier ceux déployés en Afghanistan. Les Cougar sont équipés de lance-leurres SAPHIR A, mais sans détecteurs d'approche missile. Leur rénovation, programmée depuis 2008, comprend l'intégration d'un détecteur d'approche missile DAMIEN et d'un détecteur d'alerte DRAX 33. Cette rénovation n'a débuté qu'à la fin de l'année 2009 et concernera tout d'abord quatre appareils de l'AdT et un appareil de l'AdA, qui ne devraient pas être livrés avant 2012. Le détecteur d'approche missile DAMIEN est déjà présent sur les appareils Caracal EC 745 et sera intégré prochainement à huit exemplaires du Caracal EC 725, accompagné du détecteur d'alerte radar Sherloc-SF. La DGA travaille également au développement d'une capacité DIRCM, dans le cadre du programme CESAM.

À lire sur ce sujet: Héracles n°27 - L'autoprotection des aéronefs en Afghanistan (PDF)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire