04/02/2010

Le Royaume-Uni s'interroge sur un partenariat de défense avec la France

Un livre vert pour la réforme des armées britanniques relance l'idée d'un partenariat de défense franco-britannique renforcé.

Dans un contexte budgétaire particulièrement tendu, le gouvernement britannique réfléchit à une rationalisation assez drastique de ses dépenses militaires. Des réorganisations ont été initiées au cours des dernières années, par une réduction des effectifs militaires et par des coupes budgétaires, en particulier dans la Royal Navy. Le ministre de la défense Bob Ainsworth a notamment souligné que tous les programmes militaires en projet ne pourraient être menés à terme.

C'est dans ce cadre que le Green paper préparé par le MoD initie une réflexion sur un renforcement des partenariats de défense entre le Royaume-Uni et ses partenaires européens, en particulier la France. Les nouveaux partenariats que pourraient engager le gouvernement britannique concerneraient des programmes industriels communs, voire la mutualisation de certains moyens. Cette initiative viserait en particulier à éviter le développement de capacités en doublons pour assurer des missions de défenses partagées.

En matière de partenariats industriels, la coopération de défense franco-britannique se révèle plutôt limitée, après l'arrêt retentissant du programme commun de porte-avions à propulsion conventionnelle. Les deux pays poursuivent toutefois le développement d'un canon téléopéré de 40mm à munition télescopée, mené par CTA International, joint-venture formé par BAE Systems et Nexter. Ce système d'armes en gestation depuis 1994 devrait équiper les plateformes FRES et EBRC.

Les relations parfois houleuses entre les deux pays liés par une entente cordiale suscite la circonspection de parlementaires et d'observateurs britanniques. Un éditorial du Telegraph, intitulé "We can't trust the French to be our allies on the battlefield" - Nous ne pouvons pas faire confiance aux Français sur le champ de bataille - , signé par Con Coughlin, affirme qu'un partenariat de défense avec la France semble être un choix hasardeux en raison des positions diplomatiques françaises et du comportement de ses forces sur le terrain. L'éditorialiste anglais, présenté comme "un expert mondialement reconnu du Moyen-Orient et du terrorisme islamiste", affirme que depuis le 11 septembre, la France s'est systématiquement écartée du consensus international, omettant ainsi que la France a soutenu les opérations militaires en Afghanistan en participant à l'opération OEF et aux missions de l'ISAF. Il poursuit en ajoutant que la contribution française à l'effort de l'OTAN en Afghanistan n'est que symbolique et que son contingent est basé hors du théâtre principal du conflit. Nul doute que les Français apprécieront cet éditorial de Con.

Sources: Financial Times, BBC, Daily Mail

1 commentaire:

  1. Rappelez-moi le prénom de cet éditorialiste anglais, présenté comme "un expert mondialement reconnu du Moyen-Orient et du terrorisme islamiste"

    Merci

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