17/02/2010

Ergenekon, l'heure de la purge ?

© LifeLa Turquie a vu au cours de ces derniers mois plusieurs de ses officiers, dont certains pourraient avoir un lien avec le réseau Ergenekon, être victimes de morts suspectes.

La série de procès liés à l'enquête sur un réseau présumé de déstabilisation, baptisé communément Ergenekon, a été un des évènements politico-médiatiques le plus retentissant de la décennie écoulée en Turquie. Selon les éléments produits par la justice, un réseau extrémiste aurait été formé au cœur des milieux militaires et judiciaires, ainsi que dans les cercles intellectuels nationalistes, avec pour but la déstabilisation du gouvernement AKP dirigé par le président Erdogan. Ce réseau est notamment accusé d'avoir organisé la fusillade qui visa le conseil d'état turc en mai 2006 et qui coûta la vie au juge Mustafa Yücel Özbilgin.

Les premières arrestations et perquisitions visant à arrêter les membres présumés du réseau eurent lieu en 2007, après plusieurs années d'enquête. Les procès qui suivirent mirent en cause près de 200 prévenus, parmi lesquels des officiers d'active et des officiers supérieurs à la retraite, des magistrats, des hommes d'affaire, des journalistes et des militants nationalistes. Les chefs d'accusation furent très lourds, en particulier ceux de création d'une organisation terroriste, incitation à la rébellion contre le gouvernement et incitation à la désobéissance au sein des forces armées. Les deux principaux procès donnèrent lieu dans les médias à des doutes quant à l'ampleur réelle du réseau et à des craintes quant au climat de paranoïa suscité par l'investigation. L'indépendance des juges dans ces procédures judiciaires fut vivement critiquée par l'opposition kémaliste et fit l'objet d'une large exploitation, alimentant les manifestations contre la politique du gouvernement Erdogan.

Au début du mois de février, le colonel Berk Erden a été retrouvé mort, après qu'il se soit suicidé par arme à feu à son domicile. Ce suicide, qui serait lié à des problèmes personnels, fait suite aux morts suspectes d'autres officiers turcs au cours de l'année 2009.

En décembre 2009, le lieutenant-colonel Ali Tatar se serait suicidé d'une balle dans la tête, selon les constatations de la police. Suspecté d'avoir participé à un complot visant à assassiner deux amiraux, il devait être entendu par la police le jour de sa mort et se serait suicidé alors qu'un officier de police s'était présenté pour le conduire au poste. Suite à son décès, il ne fit pas l'objet d'une autopsie.

Au mois de novembre, le colonel à la retraite Belgütay Varımlı se serait suicidé en se jetant depuis le balcon de son appartement d'Istanbul. Ce suicide présumé aurait suscité l'incrédulité de ses proches, un tel acte étant contraire à ses convictions religieuses.

En mars 2009, le capitaine Olgun Vural fut retrouvé mort par balle à son domicile, la police concluant à un suicide. Ce décès fut également qualifié de suspect, l'autopsie révélant que l'homme aurait pu être tué d'une balle dans le dos.

Sources: Today's Zaman, H. Akin Ünver - Turkey's Deep State and the Ergenekon Conundrum [PDF]

1 commentaire:

  1. D'ici ce que certains nous ressortent les complot des cellules Stand Beyind, il n'y a qu'un pas...

    RépondreSupprimer