25/06/2009

Le renseignement intérieur US sous le feu des parlementaires

L'expansion des opérations de renseignement intérieur, souhaitée par plusieurs agences, se trouve réfrénée par l'administration Obama et les parlementaires américains.

Le programme de surveillance satellitaire lancé par le DHS (Department of Homeland Security), visant à faire bénéficier les agences fédérales et locales d'imagerie satellite du territoire américain serait sur le point d'être abandonné. Le National Applications Office (NAO), est un programme lancé en 2006 sous l'administration Bush et qui avait pour but de faire bénéficier les forces de sécurité de données satellite domestiques, afin notamment de localiser des failles de sécurité et de lutter contre le terrorisme.

Ce programme avait suscité des 2007 l'opposition de parlementaires, le congrès allant jusqu'à émettre une injonction ordonnant au NAO d'interrompre ses activités. Après la signature d'une charte en 2008, le GAO (Government Accountability Office) avait rendu un avis recommandant un encadrement strict du NAO en matière de protection des libertés et de la vie privée.

L'arrivée de Janet Napolitano, nommée par Obama à la tête du DHS, a fini d'enterrer le programme, sans trop de surprise et conformément à l'avis généralement exprimé au sein du camp démocrate. Madame Napolitano a récemment fait savoir, qu'après s'être entretenue avec les fonctionnaires du Homeland Security le programme NAO ne lui semble plus prioritaire, un représentant du département assurant que le programme est désormais en voie d'abandon.

La surveillance des citoyens américains, un sujet très sensible aux Etats-Unis, pose également problème à la NSA qui se voit réprimandée pour sa surveillance abusive des télécommunications. Plusieurs comités du congrès ont procédés à des auditions et des enquêtes afin d'examiner les dérives de l'agence. Ces auditions ont notamment permis de confirmer que des e-mails provenant de citoyens américains ou leur étant destinés ont été interceptés et enregistrés, ce qui n'est pas normalement autorisé.

Au-delà de simples erreurs inhérentes au procédé d'interception, les parlementaires ont révélé que c'est un système organisé qui est mis en oeuvre par les agents pour collecter des messages censés être privés. La NSA procéderait notamment à des "surcollectes", en dépassant allègrement le nombres d'interceptions autorisées par des juges, qu'ils s'agissent d'e-mails ou de communications téléphoniques. Les agents exploiteraient également une base de données secrète, nom de code Pinwale, contenant des communications de citoyens américains. Pinwale permet notamment de consulter de grands volumes d'e-mails, reçus ou émis par des citoyens américains et archivés par la NSA, notamment lors d'erreurs d'interceptions.

Ces révélations obtenues par le congrès, feraient suite à plusieurs années de disputes en interne, au sein du renseignement et de l'appareil judiciaire américain, concernant la surcollecte de renseignement, les abus en matière d'interceptions, mais également la collecte de métadonnées, qui prend une place importante dans les opérations COMINT.

23/06/2009

Un diplomate à la tête du MI6

© UN PhotoDowning street a annoncé la nomination de l'actuel représentant permanent du Royaume-Uni à l'ONU, Sir John Sawers, au poste de chef du MI6.

Sir John Sawers, 53 ans, est un diplomate de carrière qui a servi pendant plus de trente années la couronne britannique, comme ambassadeur, conseiller politique et chargé de mission. Les différents postes qu'il a occupés l'ont amené à bien connaître le Moyen-Orient et plusieurs zones de conflits que sont les Balkans, l'Irak et l'Afghanistan. Son expérience en matière de renseignement n'a pas été détaillée par le gouvernement, mais il aurait collaboré dans le passé avec le MI6 lorsqu'il était en poste au Yemen et en Syrie.

Il est décrit par la presse britannique comme un homme cultivé et élégant, ce qui lui vaut le sobriquet de "Mr. Suave". Certains laissent entendre qu'il cultiverait sa ressemblance avec l'agent 007. Au-delà de ces aspects superficiels, il est connu pour ses positions tranchées lors de la guerre en Irak, mais également contre la prolifération nucléaire. Dans le passé, son caractère volubile et sa franchise n'auraient pas été du goût de Tony Blair, lors de certaines réunions internationales, notamment aux USA.

L'arrivée de Sawers en remplacement de Sir John Scarlett, un espion de carrière, alors que les services britanniques souffrent de diverses controverses liées à la guerre en Irak et aux accusations de torture, vise clairement à renouveler l'image du Six, grâce au visage d'un diplomate cosmopolite et énergique.

22/06/2009

La gendarmerie se lance dans le data mining open source

Flickr: FenngUn programme mis au point par la gendarmerie permettra prochainement aux forces de police de regrouper les informations issues des sources ouvertes du web.

Ce programme informatique, qui avait pour nom initial Périclès, a été rebaptisé AJDRCDS (Application Judiciaire Dédie à la Révélation des Crimes et Délits en Série), vise à la collecte de données personnelles présentes sur le web et mise à disposition du public (open source), afin de les regrouper sous la forme d'un moteur de recherche, puis de les associer à d'autres données issues des fichiers judiciaires (Stic, Judex) et des fichiers de police.


Les données collectées pourront également être recoupées avec des éléments de procédures (données bancaires, interceptions de communications, etc.), afin de mettre en valeur des connexions entre individus, des répétitions d'actes délictueux ou criminels, permettant ainsi d'identifier des réseaux et des modes opératoires.

La mise en oeuvre de ce nouveau programme sera officialisée dans la loi Lopsi 2 et ne devrait viser que les crimes et délits passibles d'au moins cinq ans de prison.

Ces techniques de data mining sont déjà employées par les agences de renseignement, notamment dans la lutte contre le terrorisme, mais ont apparemment mis du temps à apparaître dans les commissariats français. Les programmes de data mining exploitent également les métadonnées que sont les caractéristiques techniques des messages ou documents échangés, les adresses de connexion, ainsi que les dates et fréquences d'envoi. Ces métadonnées constituent des informations parfois plus précieuses que les contenus échangés.

De ce fait, certains services sont parfois amenés à n'utiliser que les métadonnées, grâce à des systèmes qui n'examinent pas le contenu des messages, évitant ainsi certaines contraintes liées aux lois sur la protection de la vie privée. Le programme Stellar Wind de la NSA, qui visait à surveiller les communications de citoyens américains, se concentrait principalement sur la collecte de métadonnées et aurait ainsi recueilli de nombreuses informations de 2001 à 2004, dans le cadre d'une surveillance antiterroriste.

19/06/2009

Le conseil du renseignement d'Obama toujours vacant

Le President's Intelligence Advisory Board (PIAB), un comité d'experts nommé par le président des Etats-Unis, chargé de conseiller la Maison Blanche sur les questions de renseignement, ne dispose d'aucun membre depuis l'investiture d'Obama, il y a déjà six mois.

Ce conseil créé en 1956 par Eisenhower, a pour but de soutenir le président dans ses décisions, en l'informant notamment des aspects légaux des opérations de renseignement entreprises à l'étranger. Ce conseil est composé d'experts issus du monde du renseignement, des forces armées, mais également de la diplomatie et de la société civile. Il est généralement présidé par un officier supérieur à la retraite ou par un ancien magistrat.

Le dernier comité, sous l'administration Bush, était composé d'un magistrat et d'un amiral, mais également de plusieurs businessmen, pour la plupart d'anciens haut responsables de grandes entreprises et banques américaines (AT&T, Netscape, Goldman Sachs, MBNA). Un de ces conseillers, Ray Lee Hunt, patron d'une compagnie pétrolière, aurait durant son mandat, signé avec le gouvernement régional kurde un accord d'exploitation portant sur un gisement d'hydrocarbure, s'attirant les foudres du ministère irakien du pétrole. Tous les membres du PIAB ont démissionné d'un commun accord lors de la transition entre les mandats Bush et Obama, les conseillers du nouveau président assurant qu'ils seraient remplacés en quelques semaines.

Six mois après l'investiture de Barack Obama, aucun président du comité, ni aucun membre n'ont été désignés pour siéger au PIAB, comme le rappelle Steven Aftergood du célèbre site FAS. L'administration assure que des conseillers seront nommés prochainement, alors que les rapports réguliers envoyés par le DNI Dennis Blair au PIAB, ne sont lus que par les fonctionnaires délégués au comité.

17/06/2009

Des locaux secrets du MI5 au nord de Manchester

Une entreprise de construction révèle par inadvertance des informations sur des locaux secrets du MI5, avant d'être rappelée à l'ordre.

Le Times de Londres révèle qu'une entreprise ayant bâti pour le MI5 des locaux censés demeurer secrets, auraient diffusé des informations sur son site web, dont des photographies, concernant les bâtiments en question. Le MI5 a pour habitude de ne pas dissimuler l'existence de ses principaux centres d'opérations, tels que le célèbre quartier général de Thames House, mais aurait souhaité conserver secrets ces locaux secondaires.

Le MI5 aurait pris la décision, suite aux attentats de 2007, de déplacer certains de ses effectifs et moyens au Nord de Londres, afin de pouvoir mieux coordonner ses opérations. En effet, trois des quatre poseurs de bombes vivaient à Leeds avant les attentats de Londres et le MI5 aurait également reconnu la nécessité d'avoir des effectifs hors de Londres, afin de réagir plus rapidement, notamment suite à l'attaque sur l'aéroport de Glasgow.

C'est donc à cet effet que le gouvernement britannique aurait autorisé la construction de locaux décentralisés, dont l'existence ne fut révélée qu'en 2008, sans que ne soit divulgués leur taille ou leur localisation. Ce nouveau centre d'opérations aurait notamment servi de base avancée aux agents du Five lors de l'Operation Pathway, qui devait mener à l'arrestation de 11 individus suspectés d'être lié à Al Qaïda. Ces arrestations qui ont eu lieu en avril 2009 au nord de Londres, ont du se faire dans la précipitation, un haut responsable de l'anti-terrorisme, Bob Quick, s'étant présenté à une réunion au 10 Downing Street en portant un document détaillant le déroulement d'Operation Pathway aux vues des journalistes et de leurs téléobjectifs. Cette bévue avait alors coûté son poste à Bob Quick et les douze individus furent relâchés faute de preuves suffisantes.

Le Times révèle que ce bâtiment secret aurait coûté 20.2 millions de livres, que ce projet de centre d'opérations est classifié et que la découverte d'une fuite venant du constructeur aurait irrité Thames House. Le journal se refuse à donner plus de détails pour des raisons de sécurité.

Toutefois, une recherche effectuée par Zone d'Intérêt, permet de découvrir sur le site d'une entreprise de construction britannique la description d'un immeuble de bureaux commerciaux à la conception sophistiquée, construit sur deux étages et possédant une structure en acier. Il est situé au nord de Manchester et deux détails le rendent très similaire à la description donnée par le Times, son coût est de 20.2 millions de livres et sa construction fut achevée en février 2008, tout comme le centre d'opérations du MI5. Seul le cache de Google retient ces informations et le site du constructeur affiche désormais une page vide.

S'il s'agit bien de l'immeuble en question, il serait situé sur la commune de Bury dans le Lancashire et plus précisément sur Pilsworth Road.


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Nul doute que les services de sa majesté porteront désormais une plus grande attention à la sécurité de leurs informations et renforceront les clauses de confidentialité des entreprises qu'ils embauchent.

MàJ 06/2013 :  Bien que l'existence de ce centre d'opérations du MI5 soit toujours classifiée, il est possible de réunir d'autres détails sur sa localisation précise.


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Ce QG du MI5 est installé sur la commune de Bury, au nord de Manchester, dans une zone industrielle (Pilsworth Industrial Estate), entre la rivière Roch et l'autoroute M66.

Le site même du centre d'opérations, qui est une propriété du Ministry of Defence, est connu par ses riverains sous la dénomination très sobre de "Roch Bank Place". Son adresse précise est difficile à définir, puisque les cadastres britanniques recensent sa parcelle sous plusieurs adresses : Pilsworth Road, Pilsworth Way, Roach Bank Road (sic.) et Roch Bank Road.

Roch Bank Place - Entrée principale

La position du site, à proximité directe de l'autoroute M66 et de la A56, place les agents du MI5 à seulement 20 minutes du centre de Manchester en voiture. La proximité de la M62 leur permet de rallier Leeds ou Liverpool en 40 minutes.

Roch Bank Place - Vue aérienne

Le centre d'opérations de Bury est bien protégé, par une double enceinte grillagée surmontée de barbelés. L'accès au bâtiment principal, d'environ 6000 m², se fait par des sas à double portiques sur les voies d'accès, ce qui permet de contrôler chaque véhicule individuellement en cas de nécessité ou de bloquer un véhicule à bonne distance du cœur du site. L'accès des piétons se fait par un point d'accès unique, après avoir franchi la première enceinte, à travers un solide poste de sécurité en béton.

L'ensemble du site est surveillé par des caméras montées sur des mats tout autour du périmètre et sur les parkings, à raison de deux caméras tous les 15 à 25 m.

Un des parkings, visible depuis l'extérieur du périmètre, accueille une vaste flotte de véhicules, dont une collection de fourgonnettes et camionnettes banalisées, de coloris variés, idéales pour des missions de surveillances.

16/06/2009

Un nouveau QG pour l'agence SIGINT canadienne

Construction Défense Canada (CDC), l'administration canadienne chargée des contrats de construction pour la défense, a lancé une demande de qualification pour la construction d'un bâtiment censé accueillir le quartier général du CSTC.

Le Centre de la Sécurité des Télécommunications Canada (CSTC/CSE), est l'agence de renseignement chargée des opérations SIGINT et de la cryptologie au Canada. Le CSTC est rattaché au ministère de la Défense canadien et rempli des missions de renseignement proches de celles de la NSA, l'agence américaine avec laquelle le Canada collabore activement au sein du réseau Echelon. Cette agence emploie environ 1750 employés et son budget annuel s'élevait à 140 millions d'euros pour l'exercice 2007-2008.

L'accroissement des activités du CSTC, a amené le ministère de la Défense a répartir ses personnels sur plusieurs sites, la plus grande partie des moyens et effectifs de l'agence demeurant au quartier général de Heron Road à Ottawa. Afin de faire face au développement de ses activités, le gouvernement canadien a lancé un programme d'urgence visant à relocaliser 250 personnels vers un bâtiment provisoire de quatre étages, pour un investissement d'environ 40 millions d'euros.

La répartition des activités du centre sur plusieurs sites est une solution temporaire, qui laissera place à un nouveau QG de 72 000m², capable d'accueillir toutes les activités du CSTC. Ce bâtiment, dont le coût est estimé à 560 millions d'euros, sera construit dans la grande région d'Ottawa selon le CDC et plus précisément vers Ogilvie Road, à proximité du CSIS, selon l'Union Nationale des Employés de Défense.

La demande de qualification du gouvernement canadien concerne le développement de bureaux et d'espaces à utilisation particulière. Ces espaces comprendront notamment, des centres de calcul, des laboratoires informatiques, des salles d'ordinateurs, des zones protégées et des ateliers de fabrication. Le bâtiment contiendra donc tous les équipements nécessaires à l'interception des communications, à la cryptologie, à l'analyse hardware et software, mais également à la conception de prototypes, comme le laisse supposer la présence d'ateliers de fabrication. Des informations complémentaires ne sont délivrées qu'aux entreprises qui en font la demande, à la condition que celles-ci disposent d'une accréditation SECRET, fournie par la Direction de la Sécurité Industrielle Canadienne (DSIC).

Ce futur quartier général du CSTC devrait être opérationnel en 2015-2016.

09/06/2009

EMP et armes électromagnétiques

Les EMP ou impulsions électromagnétiques (IEM), sont des armes redoutables capables d'endommager les systèmes électroniques, qu'ils s'agissent d'ordinateurs, de véhicules personnels ou encore de systèmes d'armes. Ces systèmes sont des armes de guerre électronique (EW), qui peuvent brouiller des signaux ou endommager des systèmes électroniques et informatiques, mais les IEM constituent également des armes stratégiques, de part leur capacité à endommager des systèmes critiques et à rendre inopérantes des infrastructures entières.

EMP nucléaire

L'impulsion électromagnétique nucléaire (IEMN ou NEMP), est un phénomène électromagnétique lié à une explosion nucléaire. Les rayonnements gamma libérés au cours de l'explosion entrent en interaction avec les molécules de l'atmosphère (effet Compton), générant un champ électrique de haute intensité (plusieurs kilovolts par mètre) qui se propage en une fraction de seconde, y compris à la surface du sol.


Les effets produits par une IEMN, sont classés en trois catégories (components); E1 caractérise le champ électrique de haute intensité qui se propage à très grande vitesse et dans un temps très court, produisant des effets destructeurs sur les composants électroniques; E2 caractérise des effets électromagnétiques proches de ceux de la foudre; E3 caractérise une impulsion qui se propage à une vitesse relativement faible et dont les effets sont proches de ceux causés par une tempête géomagnétique, comme celles causées par les éruptions solaires.

Le rayon de propagation de cette impulsion électromagnétique augmente sensiblement avec l'altitude à laquelle l'explosion nucléaire est déclenchée. Une charge explosant entre 80 et 130km d'altitude pourrait produire une IEM dans un rayon d'au moins 800 kilomètres. Ce sont donc les impulsions électromagnétiques de haute altitude (IEM-HA ou HEMP) qui inquiètent le plus les armées et les gouvernements, du fait de leur grand rayon d'action et en particulier les IEM déclenchées dans l'espace.

Ces impulsions EM à haute altitude ont la capacité d'endommager les circuits électroniques et certains systèmes électriques, dans un large périmètre autour de l'explosion. Les IEM-HA ont également la faculté d'interférer avec les fréquences des radiotransmissions et d'endommager les appareils de transmissions, en particulier ceux dotés de larges antennes, jusqu'à plusieurs milliers de kilomètres de l'explosion.

Des dégâts d'origine électromagnétique ont été observés dès les premiers essais nucléaires, mais il a fallut attendre les années 60 pour que le phénomène d'IEM soit pleinement reconnu, notamment grâce aux essais nucléaires spatiaux Starfish (USA) et Opération K (URSS). Le développement de charges nucléaires spécifiquement conçues pour des attaques électromagnétique demeure largement classifié, toutefois, des experts estiment qu'une petite charge nucléaire peut être modifiée afin de maximiser son IEM et ce, à partir d'informations largement disponibles, par des moyens licites et illicites. La mise en œuvre d'une charge nucléaire à une altitude suffisante pour la rendre efficace dans le cadre d'une attaque EM, nécessite également la maîtrise d'un vecteur adéquat, tel qu'un missile balistique.

La Russie et la Chine possèderaient déjà les technologies nécessaires pour lancer une attaque HEMP. L'Inde et le Pakistan pourraient développer ces technologies en quelques années. La Corée du Nord, pour sa part, pourrait atteindre un niveau technique suffisant d'ici à 2025. La réussite du récent essai nucléaire ordonné par Pyongyang et le développement de ses capacités balistiques pourraient raccourcir ce délai. Les essais balistiques menés par l'Iran en 2006, par des tirs de missiles Shahab-3 ayant explosé à haute altitude, ont laissé supposer à plusieurs experts que l'Iran s'entraînait à un exercice d'attaque EMP, les essais ayant été annoncés comme réussis par Téhéran.

IEM non-nucléaires

Les armes radiofréquences constituent l'autre gamme d'IEM, les IEM non-nucléaires (NNEMP). Ces armes, majoritairement expérimentales, sont réparties en deux grandes catégories, les armes UWB (Ultra Wide Band) et les armes HPM (High Power Microwave), qui portent le nom de micro-ondes à forte puissance (MFP) en français. Ces armes émettent un champ électromagnétique de forte intensité, au rayon d'action et à la puissance plus limités qu'une IEM nucléaire. Les armes à ultra-large bande et les micro-ondes à forte puissance de crête ont un fonctionnement similaire basé sur un générateur de micro-ondes à forte puissance d'émission. Les armes HPM qualifient généralement des armes qui émettent sur une fréquence micro-onde précise, alors que les armes UWB produisent une impulsion sur une large bande du spectre électromagnétique, atteignant ainsi une gamme étendue de systèmes électroniques.

Les armées modernes, en particulier celles des Etats-Unis et de Russie, ont mené de multiples expériences sur les armes MFP, concevant des prototypes assez divers. Ces recherches ont permis la conception de bombes à impulsion électromagnétiques non-nucléaires ou e-bombs. Des générateurs d'impulsions électromagnétique de différentes natures ont été expérimentés, mais tous ne se prêtent pas aux applications militaires. Bien que la conception de ces armes soit assez peu documentée en sources ouvertes, il apparaît que les générateurs magnéto-cumulatifs, les Vircator et les générateurs de Marx, sont privilégiés par les industries de défense, bien que d'autres générateurs HPM soient toujours développés (Klystron, générateur Cerenkov, Maser, etc.).

Les e-bombs demeurent des armes sur lesquelles les armées communiquent peu, du fait de leur intérêt stratégique et des technologies sensibles qui les composent. Les Etats-Unis aurait connu des avancées significatives dans le développement de ces armes dans les années 90, avec notamment la conception d'une charge EMP non-nucléaire destinée au missile de croisière AGM-86, probablement dotée d'un générateur HPM de type Vircator. Selon certaines informations, cette version spéciale de l'AGM-86 aurait été employée en 1999 contre les installations C2 de la république de Yougoslavie.

Le Pentagone n'a pas perdu son intérêt pour les systèmes HPM et a lancé fin 2008 le programme CHAMP visant à la conception d'un démonstrateur aérien (drone ou missile), doté d'un générateur HPM capable de générer plusieurs impulsions au cours d'un seul vol. C'est dans ce sens que Boeing a annoncé le développement de son propre démonstrateur CHAMP, intégrant un générateur HPM de 70GW, fourni par le Sandia National Laboratory de Lockheed Martin.

Les Russes ont également progressé dans le domaine des générateurs HPM, avec des systèmes produisant des impulsions pouvant atteindre 200kv/m. La Russie serait en capacité d'équiper ses missiles de charges EMP, notamment ses missiles antinavires, comme le Yakhont capable d'emporter une charge d'environ 200kg, ce qui pourrait correspondre à une charge nucléaire ou HPM. La Chine envisage également l'emploi d'impulsions électromagnétiques dans ses opérations de guerre navale, contre des porte-avions ennemis.

La France et l'Allemagne ne sont pas en reste dans le développement d'armes HPM. L'institut franco-allemand de recherches de Saint-Louis a annoncé en 2003 la mise au point d'un générateur de Marx compact, ouvrant la voie à des charges MFP de taille réduite, susceptibles d'équiper des obus (155mm) ou des bombes guidées (Air et Cosmos n°1877). La compagnie allemande Diehl Munitionssysteme a développé un générateur HPM qu'elle décrit comme étant "compact" dans son brevet de 2003 et qui a pour objet le brouillage, voir l'endommagement de systèmes électroniques et informatiques. EADS/LFK propose une version HPM de son missile de croisière Taurus KEPD 350, dont les capacités ne sont pas détaillées. Rheinmetall travaille également sur les armes HPM, prévoit l'arrivée de systèmes très compacts de la taille d'une valise et envisage des prototypes de générateurs HPM rechargeables, montés sur des véhicules blindés.

Certains radars émettant des micro-ondes sont capables de diffuser des impulsions d'intensité limitée, mais suffisante pour brouiller ou endommager certains systèmes. Ce serait notamment le cas des radars AESA qui équipent les hélicoptères d'attaque et les avions de chasse moderne, tel que le F-35. Pour exemple, en 2001, un prototype du programme d'hélicoptère Comanche qui effectuait un exercice radar, a émis une impulsion HPM qui a entraîné un dysfonctionnement du système GPS de l'aéroport commercial d'Albany, servant au guidage des avions à l'atterrissage.

D'autres systèmes HPM plus low-tech, tels que des HERF Guns ou des appareils émettant d'intenses décharges électrostatiques (TED) peuvent être produits à moindres coûts, suscitant les craintes des services de sécurité, notamment dans l'hypothèse d'une utilisation terroriste. Ces armes demeurent toutefois moins puissantes que les e-bombs développés par les laboratoires de défense, mais leurs effets concentrés peuvent endommager des systèmes civils qui ne disposent pas de protection contre les IEM.

Menace et contre-mesures

Les impulsions électromagnétiques ont la capacité d'interférer avec les systèmes électroniques et de les endommager jusqu'à les rendre inopérants. Les systèmes de communication sans fil sont particulièrement sensibles aux impulsions EM, ces émissions brouillant de larges gammes de fréquences et les antennes des émetteurs-récepteurs agissant comme des points d'entrée direct (front-door coupling) pour l'impulsion. Les dégâts causés aux systèmes électroniques peuvent varier en fonction de l'intensité de l'impulsion, de sa fréquence d'émission et de la distance entre le système-cible et le point d'origine de l'impulsion. Les systèmes touchés peuvent connaître des dommages allant de dysfonctionnements répétés, pouvant apparaître plusieurs jours après l'impulsion, à une destruction de leurs circuits. Les appareils électroniques ne possédant pas d'antenne destinée aux communications, comme les serveurs informatiques, sont également vulnérables aux IEM. Leurs câblages internes agissent comme des antennes et offrent des points d'entrée indirect (back-door coupling) aux ondes EM. Les réseaux d'alimentation électrique et les réseaux de communications filaires, agissent également comme des points d'entrée. Les protections électriques telles que les parasurtenseurs et les onduleurs, dont sont souvent dotés les systèmes informatiques, n'offrent pas de protection contre ce type d'attaques.

Les systèmes militaires et les systèmes d'armes, s'ils ne sont pas correctement durcis contre les interférences électromagnétiques, sont également vulnérables aux IEM. Les installations informatiques, les appareils de radiotransmissions, les véhicules ou encore les missiles, qui disposent tous de systèmes électroniques sont particulièrement exposés aux risques électromagnétiques. Ce risque impose donc aux forces armées de protéger leurs équipements, en instaurant des normes de résistance aux impulsions électromagnétiques. Le niveau de protection réel des systèmes militaires est une donnée largement classifiée, mais l'audition en 2008 d'un expert par le House Armed Services Committee, laisse supposer que la majorité des systèmes américains étaient jusqu'alors testés pour résister à des niveaux d'exposition EM équivalents à 50kv/m, une valeur bien inférieure à la puissance théorique qu'émettraient les prototypes russes les plus récents.

Les munitions explosives modernes ne seraient pas immunisées contre les effets des armes électromagnétiques. L'OTAN s'intéresserait notamment aux effets des ondes électromagnétiques sur les mines terrestres, l'étendue des dommages probables causés à ces armes explosives par les IEM demeurant classifiée. Le ministère américain de la Défense développe dans ce sens des systèmes HPM visant à rendre inopérant ou à détoner des IED et des munitions non-explosées. L'armée américaine dispose déjà d'un prototype capable de détruire des explosifs enfouis, le Joint IED Neutralizer et souhaite développer un système capable de neutraliser des engins explosifs, par un transfert d'énergie EM au niveau moléculaire.

La présence d'électronique dans la plupart des systèmes utiles aux activités civiles, les rendent particulièrement vulnérables aux effets des attaques électromagnétiques. Une attaque EMP à grande échelle toucherait de nombreux secteurs critiques que sont l'approvisionnement électrique, les communications, les transports, le système bancaire ou encore les commodités, impactant de manière très sensible l'activité économique, voire les activités les plus basiques des particuliers.

De nombreuses infrastructures industrielles, usines de produits chimiques, raffineries ou encore centrales électriques gèrent leurs installations grâce à des systèmes électroniques (SCADA), qui régulent les différents flux en envoyant des ordres à des automates programmables industriels (API ou PLC). Ces modules électroniques ne sont généralement pas protégés contre les IEM et peuvent être installés dans des zones reculées. Plusieurs incidents liés à des impulsions électromagnétiques accidentelles sur les modules SCADA de pipelines et de gazoduc, ont eu des conséquences désastreuses.

© Sandia National Laboratory
Les interconnexions entre chacune des infrastructures essentielles aux activités humaines renforcent cette vulnérabilité et augmentent le nombre de points d'entrée pour les effets dévastateurs d'une attaque électromagnétique. Elles constituent également un risque de dommages en cascade, la mise hors service d'un réseau critique entraînant la chute des infrastructures qui en dépendent. La perte des réseaux de communications, essentiels à la coordination des services d'urgences et de dépannage, entraverait les opérations d'assistance aux personnes et la reconstruction des systèmes touchés par l'IEM.

Dans son rapport de 2008, l'EMP Commission américaine a estimé qu'une impulsion électromagnétique déclenchée à une altitude comprise entre 50 et 130km d'altitude, au dessus d'une zone Baltimore-Washington-Richmond, produirait une impulsion couvrant un rayon d'au moins 800km et causerait des dégâts cumulés pouvant atteindre plus de 770 milliards de dollars. Dans les conditions les plus favorables, avec des infrastructures protégées au mieux contre les attaques EMP, les dégâts entraîneraient des pertes de 9 à 34 milliards de dollars.

Ces évaluations concernent la pire des hypothèses, à savoir une impulsion électromagnétique de forte puissance d'origine nucléaire. Une impulsion non-nucléaire de type HPM, aurait un impact plus limité, mais pourrait toutefois se révéler désastreuse dans le cadre d'attaques ciblées sur les réseaux (network disruption).

Les armées s'efforcent de se protéger des effets destructeurs des armes électromagnétiques, en durcissant leurs installations et appareils, ainsi qu'en testant un grand nombre de leurs systèmes contre les IEM, notamment lors de leur conception.

Le Pentagone a à sa disposition plusieurs laboratoires militaires chargés de tester les systèmes d'armes, véhicules et autres matériels sensibles aux interférences électromagnétiques. L'US Navy a développé, des les années 70, un centre d'essais dénommé EMPRESS (EMP Radiation Environment Simulation for Ship), chargé de soumettre ses bâtiments à des impulsions électromagnétiques. La navy poursuit ses recherches au sein du Naval Reserach Laboratory (NRL) et de l'IBST (Integrated Battlefield Simulation & Test department), qui dispose de plusieurs générateurs d'EMP, permettant de tester la résistance des aéronefs et de leurs systèmes.

L'Air Force mène ses propres tests et expériences sur la base de Kirtland, au sein du Directed Energy Directorate, qui a notamment pour but de tester les effets des HPM sur les appareils, en les soumettant à des ondes de différentes fréquences et intensités, dans des chambres anéchoïques spécifiques, capables d'accueillir des aéronefs complets. L'armée de Terre américaine s'intéresse également aux micro-ondes de forte puissance et soumet ses propres systèmes, des chars de combats aux drones, à des stress-test électromagnétiques au centre d'essais missiles de White Sands, qui est entièrement équipé, depuis le mois de mars, pour tous les tests relatifs aux impulsions HPM, dans le cadre du Directed Energy Test and Evaluation Capability (DETEC).

F16 en chambre anéchoïque
La France s'intéresse également aux effets des IEM lors de la conception de ses systèmes militaires et emploie à cet effet les ressources scientifiques du CEA et de l'institut de recherche Saint-Louis. Divers matériels et composants y sont testés au sein de chambres anéchoïques électriques ou encore grâce à des appareils de mesure spécifiques, tels que l'appareil de mesure en champ proche SOCRATE (DGA). La DGA met également en œuvre des simulateurs d'agressions électromagnétiques afin de tester ses systèmes, au centre d'études de Gramat (CEG).

Le secteur civil semble moins concerné par les effets des armes électromagnétiques et peu de systèmes sont réellement protégés, à l'exception des installations les plus critiques. La protection des systèmes électronique requiert un durcissement (blindage) spécifique, basé sur la cage de Faraday, qui nécessite une architecture rigoureuse des circuits électroniques, des câblages et des réseaux. Chacun des câbles employés doit être blindé et isolé avec précaution, le moindre fil ou circuit exposé pouvant servir de point d'entrée aux ondes électromagnétiques. Ces protections nécessitent des ressources importantes et engendrent des coûts supplémentaires lors de la conception d'appareils ou de bâtiments. Les normes de protection TEMPEST, qui visent à limiter les émissions électromagnétiques des systèmes sensibles et à réduire les interférences EM, constituent des efforts de blindage et de durcissement qui offrent une certaine protection contre les EMP.

Le durcissement d'un véhicule ou d'une construction peut devenir extrêmement complexe, notamment en ce qui concerne les réseaux de communications, qui offrent de multiples points d'entrée. L'utilisation étendue de la fibre optique pourrait toutefois réduire certaines vulnérabilités. La bunkerisation ou l'enfouissement d'une installation n'offre pas une grande protection, notamment face aux effets concentrés des armes HPM, le moindre câble en surface agissant comme une antenne pour les ondes EM.

Toutefois, plusieurs acteurs de l'industrie civile apportent des solutions afin de contrer les dommages des IEM, parmi lesquelles les Portable Data Centers, employés par Microsoft, Sun et Google, qui permettent d'aménager des installations informatiques modulaires et qui peuvent, de par leur conception, être facilement protégés contre les effets des armes électromagnétiques. Les avionneurs, notamment Boeing et Airbus, investissent largement dans le durcissement de leurs appareils afin de les protéger contre les effets de la foudre et des interférences électromagnétiques, favorisant ainsi leur résistance aux IEM.

L'EMP Commission américaine a conclu son rapport en soulignant que tous les systèmes ne peuvent être protégés efficacement contre les impulsions électromagnétiques et qu'il est crucial d'investir dans la prévention, en formant les personnels des infrastructures sensibles, des administrations et des services de secours à l'éventualité d'une attaque électromagnétique, afin d'en réduire les dommages directs et collatéraux, et de faciliter la phase de reconstruction qui suivrait forcément une attaque de grande ampleur.

02/06/2009

Investissements technologiques de la CIA

Les récents investissements que réalise la CIA par le biais de sa société d'investissement permettent d'entrevoir les technologies qui équiperont probablement les espions américains dans un futur proche.

Les placements de la CIA visent à développer des technologies innovantes, développées majoritairement par des entreprises américaines, dans le but d'appuyer ses opérations, de la collecte à la dissémination du renseignement. Ces investissements, relativement discrets, se font par l'intermédiaire de la firme In-Q-Tel, fondée en 1999 et qui possède des bureaux dans la ville d'Arlington (Virginie), connue pour être toute proche du siège de la CIA à Langley.

In-Q-Tel s'est fait une spécialité d'investir dans des sociétés aux technologies de pointe, dont certaines ont connu des applications lucratives, à l'instar de Keyhole, une entreprise spécialisée dans la visualisation des données géospatiales et qui fut rachetée par Google en 2004, intégrant une partie de ses innovations dans ses produits Google Earth et Google Maps.

Les premiers investissements effectués en 2009 par In-Q-Tel, permettent de deviner certains des projets technologiques de Langley.

Elemental Technologies a reçu des crédits de la CIA dans le cadre d'un partenariat stratégique. Cette entreprise est spécialisée dans les solutions software et hardware de conversion des fichiers vidéo. Elemental conçoit notamment des serveurs dédiés au traitement des données vidéos, basés sur l'exploitation de multiples processeurs graphiques et en particulier sur la technologie CUDA développée par NVIDIA. Ces technologies pourraient permettre à la CIA d'accroitre ses capacités de traitement des données vidéos, notamment dans l'analyse automatisée des données et l'extraction de renseignement à partir de fichiers vidéo. La CIA pourrait même se doter de supercalculateurs dédiés aux traitement des vidéos et basés sur une architecture multi-GPU.

In-Q-Tel a annoncé en mars un partenariat avec Arcxis Biotechnologies, une compagnie spécialisée dans le développement et la production d'appareils d'analyses ARN et ADN. Les appareils conçus par Arcxis ont pour spécificité leur rapidité d'analyse et leur facilité d'emploi, par une automatisation complète du process. La CIA bénéficiera de ces innovations dans le cadre de ses propres analyses biologiques et pourrait ainsi étendre l'utilisation de ces appareils à des personnels non-spécialistes, qui pourraient désormais mener leur propres analyses ADN grâce à ces appareils ne nécessitant qu'une courte formation.

Deux partenariats permettront à la CIA de favoriser l'automatisation du traitement des données et de l'extraction de renseignement, ainsi que l'édition automatisée de documents réunissant de multiples données (texte, audio/vidéo, image) extraites de sources multiples (mashup), un procédé devenu crucial pour les agences de renseignement qui traitent désormais des masses considérables d'informations, de nature et de formats diverses. Dans ce but, In-Q-Tel a conclu un contrat avec la société Appscio, spécialisée dans les algorithmes de data-mining vidéo et avec Geosemble, dont les technologies assurent l'extraction automatisée de données géospatiales (cartes, imagerie, bases de données), à partir de sources multiples.

On trouve également des partenariats avec des sociétés aux produits très spécifiques, comme ImageTree Corp. dont les outils software permettent l'identification individuelle d'arbres, grâce à une classification par la taille, l'aspect visuel et en distinguant automatiquement les caractéristiques propres à chaque spécimen. Les algorithmes développés par ImageTree pourraient trouver des applications dans l'analyse d'imagerie de la CIA, en ce qui concerne l'identification d'arbres ou d'autres objets.

Enfin, la réalité pourrait bien à nouveau rejoindre la fiction en matière de gadget d'espions, In-Q-Tel ayant annoncé le mois dernier un investissement dans la société Sonitus Medical, qui fabrique des prothèses auditives implantées dans la bouche et qui transmettent le son en toute discrétion par ostéophonie, à travers les dents, puis les os de la mâchoire et du crâne. La CIA pourrait donc exploiter cette technologie afin de communiquer avec ses agents grâce à des implants high-tech.