31/10/2009

Les attaques de drones américains déplaisent à l'ONU

Le rapporteur spécial de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires a émis des réserves sur les éliminations ciblées opérées par les États-Unis à l'aide de drones.

Philip Alston, professeur en droit et rapporteur spécial des Nations Unies depuis 2004, considère que le mode opératoire employé par les forces américaines en Afghanistan et au Pakistan peut constituer une violation du droit humanitaire international. Il demande aux USA de fournir des détails sur leur programme de drones armés, en particulier les opérations menées avec les drones Predator en AfPak, dans le cadre d'éliminations ciblées.

Les forces américaines mènent deux types d'opérations, militaire et paramilitaire, visant à atteindre des objectifs décisifs (HVT - High Value Targets) contre les commandements d'insurgés talibans et de groupes terroristes présents en AfPak. La première mission est menée par l'US Air Force et l'US Army en Afghanistan, par la mise en œuvre de drones armés, dans le cadre de missions de reconnaissance, d'appui feu et d'élimination contre les objectifs insurgés. La seconde mission est menée par la CIA, avec le recours à des contractors, depuis une base située au Pakistan, toujours grâce à des drones armés, afin de procéder à des éliminations ciblées dans les zones frontalières pakistanaises.

Les missions menées par les drones des forces régulières sont considérées comme des missions d'appui aérien ou comme des attaques au sol et ne sont généralement remises en cause que lors de dommages collatéraux. Les missions effectuées par les drones de la CIA, parfois très similaires, sont désignées comme des missions paramilitaires, qui selon les termes du rapporteur Alston, pourraient relever d'exécutions arbitraires. Pourtant, les modes opératoires et les matériels sont presque identiques, et les bombardements sont opérées avec l'accord des pays hôtes.

Des éliminations ciblées ont été pratiquées en Afghanistan par les forces spéciales américaines et par la CIA, dès 2001, lors d'opérations terrestres et aériennes contre les talibans et des membres d'al-Qaïda. Ces opérations auxquelles ont participé d'autres pays occidentaux, notamment la France, n'ont pas suscité de commentaires particuliers de l'ONU. Des opérations spéciales similaires ont toujours lieu en Afghanistan, mais également en Afrique. Tout porte à croire que la robotisation des opérations militaires et les questions éthiques qu'elle soulève, ne sont pas étrangères aux inquiétudes de Philips Alston.

Source: AFP

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