29/10/2009

La sécurité du gouvernement somalien entre les mains des contractors

Le gouvernement somalien a engagé une compagnie de sécurité privée américaine pour assurer la formation et l'entraînement de ses forces de sécurité.

L'entreprise américaine CSS Global a annoncé, peu après le gouvernement de transition somalien, la signature d'un contrat de longue durée visant à assurer la formation et l'entraînement des forces de sécurité somaliennes, dans les domaines de la protection d'autorités et de la lutte contre le terrorisme. L'entreprise sélectionnée est une filiale de CSS Alliance, un groupe spécialisé dans les enquêtes privées, la sécurité et l'assistance aux personnes, notamment lors de catastrophes naturelles.

L'entraînement des forces régulières et le possible recours à des SMP sont un véritable serpent de mer depuis plus de 5 ans. La formation des militaires et de la police somalienne est un objectif ancien pour les USA, bien que Washington souhaiterait voir ce travail effectué par ses partenaires européens, préférant apporter son soutien sous forme d'envois d'armes et d'aide financière. La France avait tenté d'apporter sa contribution en aidant à former les services de renseignement du pays, notamment en dépêchant deux agents de la DGSE, qui furent la cible d'un enlèvement en juillet dernier.

Si le renforcement du gouvernement somalien et de ses capacités sécuritaires revient régulièrement sur la table occidentaux, avec le projet de mission Eusec Somalia, Européens comme Américains semblent plus enclin à faire parvenir des armes au gouvernement somalien, avec le concours des Russes, qu'à envoyer un contingent de formateurs adéquat. Les partenaires de la Somalie craindraient notamment pour la sécurité de leurs personnels, dans un pays où la corruption des fonctionnaires est répandue et aurait pu faciliter la capture des militaires français.

La lutte contre la piraterie est un autre volet important de la situation sécuritaire somalienne à demeurer en suspens. Bien que les marines de nombreux pays patrouillent régulièrement l'océan indien et le golfe d'Aden, peu de nations semblent vraiment prêtes à s'attaquer aux pirates à terre. Ce constat avait amené le gouvernement somalien à consulter plusieurs SMP, parmi lesquelles TopCat Marine, Blackwater et le français SECOPEX, annonçant à plusieurs reprises des partenariats sans lendemain, en l'absence de généreux financeurs.

Le gouvernement somalien n'a pas révélé grâce à quel financement il se paierait les services de CSS Global, dont les contractors auront fort à faire dans ce pays instable. La protection des autorités gouvernementales est une lourde tâche pour les forces de sécurité, comme l'a montré l'attaque du convoi présidentiel à l'aéroport de Mogadiscio. L'ampleur de la mission suscite déjà des doutes aux Etats-Unis sur la capacité d'une PSC qui ne semble pas la plus aguerrie aux théâtres difficiles, à relever le défi somalien.

Sources: Grand Rapids Press, AFP

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