24/10/2009

Détection à travers la végétation: programmes US

Le Pentagone poursuit le développement de ses systèmes dédiés à la détection de cibles dissimulées sous la végétation.

L'imagerie et la détection à travers la végétation, généralement désignés sous les termes de foliage penetration (FoPen) en anglais ou imagerie à travers des masques en français, font l'objet d'efforts de recherche depuis plus de 50 ans et ont connu un regain d'intérêt dans les années 70 avec le perfectionnement des radars à synthèse d'ouverture (SAR).

Si la détection de véhicules dissimulés par la végétation est mieux maîtrisée qu'il y'a 30 ans, la détection de cibles humaines et de cibles mouvantes demeure un défi. Les systèmes dédiés à la détection FOPEN exploitent majoritairement les technologies de radars SAR émettant dans les gammes UHF et VHF, parfois couplés à des capteurs d'imagerie hyperspectrale (HSI). Les données recueillies par les capteurs sont analysées par des systèmes informatiques de traitement de l'image, qui emploient des algorithmes constamment améliorés et modifiés afin de réduire l'apparition de faux positifs.

Actuellement, le principal programme de radar dédié à la pénétration de la couverture végétale est le FORESTER (Foliage Penetration Reconnaissance, Surveillance, Tracking and Engagement Radar) américain. Ce système est l'héritier d'une série de programmes antérieurs, parmi lesquels le FOPEN ATR au début des années 90 et plus récemment le TRACER (Tactical Reconnaissance and Counter-Concealment Enabled Radar).







Programme FORESTER - ©DARPA



Le FORESTER est développé par Lockheed Martin dans le cadre d'un programme du DARPA. Le FOPEN d'origine a fait l'objet d'une importante miniaturisation et devrait à terme être emporté par le drone à voilure tournante A160T Hummingbird de Boeing. Le radar FORESTER permettra la détection de cibles humaines et de cibles lentes dissimulées dans un rayon de 30km (végétation épaisse) à plus de 50km (végétation éparse). Son coût unitaire est estimé à 2.5 millions de dollars. Ce système fait actuellement l'objet de tests opérationnels menés par le NVL (Night Vision & Electronic Sensors Directorate / Night Vision Laboratory) de l'US Army.

Ces prototypes font assez peu parler d'eux alors que les forces américaines sont déployés sur des théâtres souvent jugés comme désertiques. Pourtant, les insurgés en Afghanistan savent parfaitement exploiter le moindre recoin de green zone, bien que seulement 2% du pays ne soit couvert de véritables forêts. Les forces spéciales ont également profité du radar FOPEN en Irak au cours de leurs opérations, tout comme le JIEDDO dans la lutte contre les IEDs.

Les armées pourraient également s'intéresser à des systèmes d'imagerie multispectrale, recourant à de multiples caméras et à des systèmes d'analyse, pour corréler des images prises dans plusieurs portions du spectre visible et détecter des cibles dissimulées. Cette technologie, qui pourrait être couplée à d'autres capteurs SAR et HSI pour effectuer une fusion de données et affiner les détections, est déjà développée par la firme américaine ACT.

Source: DARPA, Danger Room, Lockheed Martin, UPI

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