23/09/2009

Espions et forces spéciales pour l'Afghanistan

La coalition renforce ses effectifs de renseignement et de forces spéciales alors que le débat sur l'envoi de nouveaux contingents bat son plein.

Selon un article du Los Angeles Times, la CIA serait en train de renforcer significativement sa présence en Afghanistan, par l'envoi de nombreux personnels; analystes, techniciens et forces spéciales du renseignement. Ces agents de renseignement auront pour rôle la traque des chefs de l'insurrection (HVT), notamment dans la zone frontalière AfPak, la collecte de renseignement au sein de la population civile et la surveillance des institutions gouvernementales contre la corruption. La CIA n'a pas communiqué sur le nombre d'agents envoyés dans le pays, mais plus de 700 personnels seraient déjà déployés.

L'effort consenti au renseignement par l'administration Obama est appuyé par la création du CAPE (Center for Afghanistan and Pakistan Excellence), qui assurera la formation d'officiers de renseignement spécialistes du théâtre Pakistano-Afghan, avec un soin particulier apporté aux sciences humaines, aux questions stratégiques et à l'étude des langues. Les insurgés de haut rang faits prisonniers par la coalition pourront, à terme, être interrogés par l'unité spécialisée du HIG (High Value Target Interrogation Group), composée d'experts du renseignement et rattachée au FBI.

Ce renfort de la composante renseignement fait suite à une augmentation des contingents de forces spéciales de la coalition, par l'envoi en juin de 1 000 hommes des forces spéciales américaines (US SOCOM), ainsi que de deux squadrons du 22 SAS britannique et plus récemment, de 70 membres du SAS néo-zélandais.

Ces éléments viennent renforcer les unités de forces spéciales déjà déployées par la coalition, parmi lesquelles les SEALs de l'US Navy, le SBS britannique, les KSK allemands ou encore les Green Berets de l'US Army, actuellement déployés dans la province d'Helmand.

Le recours aux forces spéciales en Afghanistan fait l'objet de multiples débats dans les états-major de la coalition, ainsi que dans les parlements. En Allemagne, les KSK en mission sur le territoire afghan ont fait l'objet de vives critiques, le gouvernement envisageant même de les retirer du théâtre. Le déploiement, il y'a quelques jours, de SAS en Afghanistan, a fait l'objet de d'une certaine opposition au sein de la classe politique néo-zélandaise, qualifiant leur mission de "futile".

La France, pour sa part, a fait le choix de retirer en 2006 son détachement de forces spéciales, considérant notamment que sa mission relevait plus de l'infanterie conventionnelle. Les forces spéciales françaises rattachées au renseignement, telles que le 13 RDP ou le service action de la DGSE qui avait opéré en Afghanistan dans la traque des membres d'al-Qaïda, ne sont pas concernées par l'ordre de retrait et les détails de leurs déploiements ne sont pas communiqués.

Le journaliste Jean-Dominique Merchet a publié un billet sur son blog Secret Défense, rapportant le possible retour des forces spéciales françaises en Afghanistan, au sein d'un nouveau GFS (Groupement Forces Spéciales). Cette information a été rapidement démentie par l'EMA, qui assure qu'un tel projet n'est pas à l'ordre du jour.

Alors que le débat sur l'envoi de renforts militaires en Afghanistan secoue la coalition et se voit ravivé par les déclarations du général McChrystal, les anglo-saxons semblent décidés à renvoyer leurs unités chargées d'opérations spéciales vers le théâtre afghan, après des missions en Irak et en Afrique sub-saharienne. Un changement de cap que pourraient suivre les autres membres de la coalition et en particulier la France.

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