14/07/2009

Deux agents de renseignement français capturés en Somalie

Deux Français, tout d'abord présentés comme des journalistes et qui appartiendraient aux services de renseignement français ont été enlevés dans leur hôtel de Mogadiscio.

Le 14 juillet au matin, une dizaine d'hommes armés auraient pénétré à l'intérieur de l'hôtel Sahafi et désarmé les gardes, avant de fouiller le bâtiment chambre par chambre. Ils ont capturés deux citoyens français qui se trouvaient à l'intérieur de l'hôtel. Les premiers rapports de presse faisaient état de l'enlèvement de deux journalistes, français ou occidentaux, avant qu'un officiel somalien n'annonce qu'il s'agissait en réalité de deux conseillers en sécurité français. Ce même officiel de haut-rang cité par l'AFP a également dévoilé qu'ils étaient des membres des services de renseignement venus former leurs homologues somaliens. Ces agents, probablement membres de la DGSE, seraient arrivés en Somalie neuf jours plus tôt.

Suite à la déclaration faite par cet officiel somalien, le ministère des Affaires étrangères a confirmé qu'il s'agissait bien de membres des services de renseignement français, envoyés en Somalie pour apporter une aide en matière de sécurité au gouvernement de transition du président Cheikh Charif. Les autorités françaises n'ont toutefois pas indiqué la nature exacte de leur mission, ni l'unité à laquelle appartiennent les deux agents. Des négociations seraient déjà en cours pour obtenir la libération des Français.

Reporters sans Frontières a émis un communiqué exprimant son inquiétude pour les journalistes travaillant en Somalie et sa désapprobation de voir ces deux agents présentés comme des journalistes durant les premières heures qui ont suivi leur enlèvement. L'organisation a regretté que les services français puissent se servir du statut de journaliste comme d'une couverture pour ses agents, considérant qu'une telle initiative met en danger les véritables journalistes sur place.

Cet enlèvement intervient dans un contexte de grande violence dans la région de Mogadiscio. Depuis mai, les combats ont poussé plus de 200 000 civils hors de la capitale et plusieurs attentats récents ont causé la mort de hauts responsables des forces de sécurité. Le gouvernement de transition de Cheikh Charif Ahmed a appelé à une aide militaire internationale, invitant les armées voisines d'Ethiopie, de Djibouti, du Kenya et du Yemen a soutenir les forces gouvernementales et les soldats de l'UA, afin de repousser des combattants venus de l'étranger.

Le mois dernier, le département d'état américain a aidé le gouvernement somalien à recevoir des armes et des munitions. Les Américains ont également formulé le souhait de renforcer la formation des militaires somaliens, sans assurer eux-mêmes ce travail. Les Etats-Unis s'inquiètent de l'avancée des rebelles sur la capitale et cherchent à éviter que la Somalie ne devienne un sanctuaire pour les djihadistes d'Al-Shabab ou d'autres islamistes possiblement liés à Al-Qaïda.

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