08/07/2009

Channel 4 revient sur les attentats de Mumbaï

L'émission Dispatches diffusée sur la chaîne britannique Channel 4, a produit un documentaire complet sur les attentats de Mumbaï en novembre dernier.

Ce documentaire retrace la série d'attaques qui a frappé la mégalopole indienne, du 26 au 29 novembre 2008. Il est composé d'images de télésurveillance, de témoignages recueillis auprès des victimes et de données audio/vidéo obtenues de la police indienne.

Bien qu'il ne révèle pas d'informations nouvelles, le documentaire de Channel 4 permet de distinguer certains détails sur la personnalité des terroristes, sur leur tactiques, le choix de leurs cibles, mais également sur la réponse policière et gouvernementale.

Les dix assaillants sont tous de jeunes pakistanais, agés d'une vingtaine d'années, il apparaissent comme peu éduqués, issus de milieux peu favorisés et leurs discussions révèlent un endoctrinement qui semble total. Ils sont vêtus comme des touristes et transportent des fusils d'assaut type Kalashnikov, des munitions, des grenades, mais également de la nourriture, dans de grands sacs à dos. Des analyses de sang auraient révélé qu'ils avaient consommé du LSD.

Selon des témoignages, ils auraient exprimé leur joie et leur excitation avant de commencer leurs massacres. Au téléphone, ils s'expriment avec soumission à leurs chefs, semblent parfois euphoriques et montrent leur fascination pour le luxe des quartiers chics.

Leur entraînement militaire apparaît comme rudimentaire, leur discipline de feu est presque inexistante et ils manquent à plusieurs reprises de s'entretuer. Répartis en binomes, ils ne semblent pas être organisés avec une hiérarchie rigoureuse. Ils se déplacent à travers la ville, à pied et en taxis, dans lesquels ils déposent des bombes à retardement.

Leurs cibles principales, le Leopold Café, l'hôtel Taj Mahal et l'hôtel Oberoi Trident, semblent viser la bourgeoisie indienne et les touristes occidentaux qui fréquentent ces établissements. L'assaut sur le centre religieux juif Nariman House constituait clairement une attaque antisémite. Toutefois, la gare de Chhatrapati Shivaji, un des premiers lieux attaqués, était fréquentée par des populations très diverses, de toutes confessions et classes sociales. C'était également le cas de l'hôpital Cama, qui était probablement une cible d'opportunité.

Plusieurs cibles ayant été définies à l'avance, les terroristes ne cherchaient pas à circonscrire leurs attaques sur des populations de confession ou de classe sociale précises. Les consignes données aux terroristes concernant le choix des cibles humaines semblent assez floues. Certains binomes ont choisi d'épargner des individus se présentant comme musulmans, alors que d'autres n'ont fait preuve d'aucune pitié.

Elément central de l'opération, toutes les actions des terroristes étaient dirigées depuis le Pakistan par des coordinateurs. Ils assuraient les tâches de commandement, de contrôle, de conseil tactique, d'encouragement des assaillants et de négociation. Très peu de décisions étaient laissées aux combattants sur le terrain et les controllers s'assuraient de leur concentration et de leur discipline, en supervisant toutes les actions par des contacts téléphoniques réguliers.

Ces supérieurs avaient pour but premier d'éliminer un maximum de civils et de forces de sécurité, mais également de maximiser la couverture médiatiques. Au cours de leurs conversations, ils informent les assaillants de l'intérêt des médias pour leurs actions et leur demandent de mettre le feu à l'hôtel Taj Mahal afin de créer une image spectaculaire et symbolique. Ils se chargeront également de manipuler les otages au cours des négociations avec le consulat israélien et l'armée indienne, lors du siège de Nariman House.

La réponse policière au cours des attaques aura été d'une piètre qualité. Les policiers en patrouille dans la gare de Chhatrapati étaient sous-armés, peu entraînés et furent totalement pris de court, malgré leur nombre, face aux deux hommes armés de fusils d'assaut. Les forces de sécurité ont préféré tenir le siège des hôtels Oberoi et Taj Mahal, durant de longues heures, laissant les clients livrés à eux-mêmes et aux terroristes. Lorsque l'assaut sera finalement donné, des affrontements éclateront alors que les civils sont en cours d'évacuation, l'hôtel n'ayant pas été suffisament fouillé.

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