06/05/2009

Le GSG9 renonce face aux pirates

Bundespolizei Puma - Flickr:mwboeckmannLes hommes du GSG9 quit s'apprêtaient à donner l'assaut sur un navire allemand aux mains de pirates somaliens, ont vu leur opération annulée, face au désaccord des Américains. Le porte-conteneurs allemand Hansa Stavanger avait été capturé le 4 avril par des hommes armés au large de la Somalie. Ses 24 membres d'équipage, dont cinq Allemands, plusieurs citoyens russes et une dizaine de marins philippins, sont retenus à bord du navire.

Lorsque le navire fut pris d'assaut, le capitaine du navire lança un appel de détresse par radio, qui fut immédiatement reçu par la frégate allemande Rheinland-Pfal, qui patrouillait à proximité. Une fois les pirates aux commandes du navire, le Hansa Stavanger fut dérouté vers le port somalien de Harardhere. Afin d'empêcher le navire de rejoindre les côtes somaliennes, le commandant du Rheinland-Pfal tenta de rejoindre le porte-conteneurs, avec l'intention de reprendre le navire le plus vite possible. Un appel radio du capitaine à bord du Hansa Stavanger, craignant pour la vie de son équipage et demandant à la frégate allemande de cesser sa poursuite, mis un terme à l'opération, laissant les pirates atteindre leur port.

Quelques jours plus tard, le Hansa Stavanger aurait quitté son port somalien, sur ordre des pirates, afin de prêter main forte aux hommes qui retenaient en otage le capitaine du Maersk Alabama, à bord d'un canot de sauvetage. La frégate allemande Mecklenburg-Vorpommern, qui surveillait la côte, a immédiatement pris en chasse le navire. Les Allemandes décidèrent de tirer profit de cette sortie inopinée en menant une opération de sauvetage. Un Transall, avec à son bord une équipe des forces spéciales de la Bundeswehr, procéda au parachutage, de nuit et en pleine mer, de 18 opérateurs qui furent récupérés par la frégate allemande.

L'assaut n'aura toutefois pas lieu, le Stavanger ayant repris le cap du port d'Harardhere, après des recherches infructueuses pour retrouver le canot. La frégate qui pistait le Hansa Stavanger aurait cessé sa poursuite, face à des menaces lancées par les pirates, affirmant qu'ils tueraient les otages si le navire de guerre se rapprochait. Une autre version, exposée par l'hebdomadaire Focus, laisse entendre que le projet d'assaut aurait fait les frais des désaccord entre la Défense et le ministère allemande de l'Intérieur (BMI), sur le choix de l'unité chargée de l'assaut, militaire ou policière. Au moment de sa publication, l'article de Focus faisait référence à une équipe du GSG9 à bord du Mecklenburg-Vorpommern, une information plus tard contredite par Der Spiegel, pour qui il s'agissait d'une unité d'élite de la Bundeswehr.

Déçus par cette occasion loupée, plusieurs membres du comité de crise allemand, dont le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, August Hanning, ancien patron du BND, décident de se passer de la Bundeswehr et demandent l'appui des Américains. Le porte-hélicoptères USS Boxer est rapidement mis à leur disposition comme navire-hôte. Il est alors décidé que le GSG9, unité spéciale des forces de police allemandes, sera chargé de l'assaut sur Stavanger.

Un QG du GSG9 est installé dans un hôtel de Mombasa et la logistique de l'opération s'organise. Les Allemands louent les services de compagnies privées, afin de transporter le matériel et les appareils du GSG9 vers le Kenya. Trois IL-76, deux An-124, un Transall et un Airbus seront nécessaires pour livrer le matériel des forces spéciales ainsi que six hélicoptères Puma et Bell. Le Boxer pour sa part, attend dans le port de Mombasa, où des containers sont placés tout autour du quai qui accueille le navire, afin de dissimuler les opérations de chargement.

En réaction à l'opération sur le voilier Tanit et à la libération de l'otage américain, les pirates décident le 17 avril de séparer les membres d'équipage, 4 d'entre eux restant à bord, alors que les 20 autres sont débarqués sur le territoire somalien. Après une journée de négociations menées par des humanitaires (Ecoterra), l'équipage est à nouveau réuni à bord du Hansa Stavanger.

Le 23 avril, l'USS Boxer quitte son port, avec à son bord un large contingent d'opérateurs du GSG9 et escorté par quatre navires allemands, les frégates Rheinland-Pfal, Mecklenburg-Vorpommern, Ernden et le ravitailleur Berlin. Les forces spéciales repèrent environ 30 individus armés sur le Stavanger, qui maintiennent les otages séparés en deux groupes, six sur le pont et le reste dans le navire, ce qui laisse présager d'un assaut difficile. Face à cette situation, les Américains semblent de moins en moins enclins à soutenir les forces allemandes dans leur opération.

Le mercredi 29 avril, le conseiller à la sécurité nationale du président Obama, le général James Jones Jr., contacte les Allemands pour les informer que les forces américaines ne participeront pas à un assaut sur le Hansa Stavanger. Cette annonce met un terme à cette opération du GSG9 qui aurait mobilisé près de 200 de ses opérateurs et une important chaîne logistique.

La négociation d'une rançon, entre les pirates et la compagnie de transport maritime Leonhardt & Blumberg, serait toujours en cours.

Source: Der Spiegel, Die Welt, Focus.

2 commentaires:

  1. Quels raisons ont donné les américains pour abandonner l'opération ?

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  2. Je n'ai pas trouvé trace d'une explication officielle des Américains.

    A priori, ils ont été très refroidis en voyant que 30 hommes armés gardaient les otages en deux groupes séparés, dont un groupe à l'intérieur du navire. Un assaut difficile en perspective (assurer une supériorité numérique, atteindre les otages dans le dédale du navire, etc.).

    Les Américains ont du estimer trop élevé le risque de pertes, dans les rangs des otages, comme des SF.
    Les termes "mission suicide" et "bain de sang" auraient même circulé.

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