19/04/2009

Les SEALs font mouche au large de la Somalie

Image USN - Drone ScanEagleLes SEALs, forces spéciales de l'US Navy, ont a nouveau démontré leur professionnalisme en libérant le capitaine d'un navire marchand américain après cinq jours de captivité.

Le porte-containers Maersk Alabama, qui transportait un chargement d'aide alimentaire à destination de Mombasa (Kenya), est attaqué le 8 avril au large de la Somalie par des hommes armés. Après avoir tenté de repousser les assaillants à l'aide de lances à incendie, les 20 membres d'équipage américains se cachent pour échapper aux pirates, se réfugiant notamment dans la salle des machines.

Faisant face à une poignée de jeunes hommes vraisemblablement peu expérimentés, l'équipage réussit à stopper le navire et même à capturer un des pirates. Les assaillants ayant perdu le contrôle de la situation, ainsi que leur embarcation, ils s'échappent dans un des canots de sauvetage, prenant comme otage le capitaine du navire, Richard Phillips.

Au cours des jours qui suivent, le destroyer USS Bainbridge et la frégate USS Halyburton maintiennent une surveillance constante du canot, l'US Navy mobilisant sur place ses moyens héliportés, un avion de reconnaissance P-3 Orion et un drone ScanEagle.

L'opération et les négociations se déroulent sous l'autorité exclusive de l'US Navy, avec l'aval du président Obama. À la demande de la Navy, le FBI apporte son appui technique aux marins, grâce aux négociateurs du CNU (Crisis Negotiation Unit). Le contact avec les pirates est maintenu par radio et des vivres sont fournis régulièrement. Le vendredi, le capitaine Phillips tente de s'échapper du canot à la nage, ce qui lui vaudra d'être ficelé jusqu'à la fin de sa captivité.

Le samedi 11, dans la pénombre de l'aube, une équipe de forces spéciales est larguée en mer depuis un C-17, afin de rejoindre le Bainbridge. Ces hommes sont membres de la SEAL Team Six, ou Naval Special Warfare Development Group, alias DevGru. Cette unité est spécialisée dans les opérations antiterroristes et servirait de réservoir à la CIA pour le recrutement de ses opérateurs. Le nombre de ses membres actifs, ses matériels et procédures demeurent classifiés.

Plus tard dans la journée, au cours d'un ravitaillement en nourriture effectué par les SEALs, un des jeunes pirates demande l'autorisation de monter à bord du Bainbridge pour passer un coup de téléphone. Une fois à bord, il se rend et tente de convaincre par radio ses comparses à la reddition, sans succès.

Au cours du dimanche 12, la situation est tendue, les trois pirates demeurant à bord du canot semblent de plus en plus nerveux, souffrant peut-être du manque de khat, une drogue courante en Somalie. Les eaux s'agitant autour du canot, le commandant du Bainbridge propose aux pirates de remorquer l'embarcation vers des eaux plus calmes. Une fois la proposition acceptée, le canot de sauvetage se trouve relié au destroyer par un câble d'environ 25m.

Alors que le soleil se couche, le commandant en charge des opérations considère que la vie du capitaine Phillips est en danger et donne l'ordre d'intervenir. Deux pirates sont visibles, prenant l'air à travers les écoutilles, un troisième se trouve derrière une vitre, son arme toute proche de l'otage. Les snipers des SEALs, postés à la poupe du Bainbridge n'auraient tiré que quelques cartouches, neutralisant les pirates d'une seule salve. Après le tir, un SEAL se serait laissé glisser le long du câble reliant le navire de guerre au canot, afin de sécuriser l'embarcation.

Richard Phillips est transféré peu après, sain et sauf, à bord du porte-hélicoptères USS Boxer, venu prêter main forte au Bainbridge.

SR-25 MK-11 (Knight's Armament)
Bien que l'équipement des snipers n'ait pas été détaillé par l'US Navy, la rumeur veut que les SEALs aient employé des fusils de précision semi-automatique MK-11 (7.62), conçus par Knight's Armament Co. (KAC). Cette version modifiée du SR-25 est basée sur le système AR-15 et connaît un certain succès auprès des SF. Ce coup d'éclat devrait sans doute renforcer la notoriété de KAC, comme le laisse présager le buzz sur les blogs de défense US.

Le succès des SEALs, qui doit autant au professionnalisme des opérateurs qu'à l'amateurisme et à la négligence des pirates, a été comparé dans les médias US aux récentes opérations anti-piraterie menées par la France.

Les américains ont bénéficié de l'autorité déléguée à l'US Navy pour mener l'opération et requérir les moyens nécessaires. L'opération fut une réussite 100% USN, où tous les éléments furent coordonnés grâce à un commandement de proximité, à bord des navires. Les négociations furent laissées à la discrétion de la Navy, avec le conseil du FBI.

Les opérations françaises, Ponant, Carré d'As, Tanit, ont donné lieu à la création de task forces pour chaque crise, avec des éléments issus de la Marine (fusiliers-commando), de la gendarmerie (GIGN), voire de la DGSE. La chaîne de commandement, du CPCO, auquel sont intégrés des officiers du COS, jusqu'au commandement tactique de l'Alfusco, reste sous le contrôle constant de l'Elysée, comme l'a montré le récent assaut du Tanit. Les éléments de la gendarmerie et de la DGSE se greffant à cette chaîne de décision, le nombre d'entités mobilisées distingue la task-force française de l'ascétisme opérationnel affiché par les américains.

Hélas, satisfaire l'envie de servir des différentes unités ne semble même pas prémunir des polémiques.

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