05/12/2008

Une définition humanitaire des BASM

La convention d'Oslo [PDF] sur l'interdiction des armes à sous-munitions, signée par 107 pays, est saluée par les ONG. Toutefois, cette convention de ne concerne pas toutes les armes à sous-munitions, une subtilité un peu vite oubliée.

Le paragraphe 1 de la convention interdit l'emploi, la production, le stockage et le transfert de "petites bombes explosives" mise en oeuvre depuis un "disperseur fixé à un aéronef". Les obus à sous-munitions ne sont donc pas concernés.

L'interdiction ne touche pas non plus les sous-munitions intelligentes pesant plus de quatre kilos, dotées de mécanismes électroniques d'autodestruction et d'autodésactivation, et ce à la condition que le disperseur ne contiennent pas plus de dix sous-munitions.

La convention prévoit qu'une certaine quantité des armes interdites puissent être conservées à des fins de R&D (conceptions de contre-mesures), sans dépasser un "nombre minimum absolument nécessaire", lui-même non défini.

Les armes à sous-munitions modernes, sont principalement employées pour la destruction de cibles blindées (chars) ou faiblement durcies et la neutralisation de pistes d'aviation, tout en conservant une capacité anti-personnel.

Les armées favorisent aujourd'hui les sous-munitions antichar intelligentes, qui ne sont pas concernées par la convention. Elles ont également développé des bombes antipiste à charge unique, pénétrant la surface de la piste et créant un cratère large et profond.

La France dispose toujours de roquettes d'artillerie M26 à sous-munitions, mises en oeuvre par le LRM (MLRS) et qui devraient être retirées du service en 2011. La M26 devrait être remplacée par une roquette guidée à charge unique LRM-NG (GMLRS) et par une roquette dont les grenades seront dotées d'un système d'autodestruction.

L'armée de terre française n'emploie plus l'obus de 155mm OGR à grenades, mais conserve l'obus antichar Bonus qui contient deux sous-munitions à dispositif d'autodestruction.

L'armée de l'air possède également des missiles anti-piste Apache à sous-munitions, dont le retrait n'a pas été annoncé. Cette arme pourrait toutefois être remplacée par les bombes anti-piste BAP 100 et Durandal.

Les états signataires se séparent donc d'armes à sous-munitions de conception relativement ancienne, dont certaines ont vocations à être remplacées par d'autres armes à sous-munitions...

Les principaux producteurs et utilisateurs de BASM que sont les USA, la Russie et la Chine n'ont pas ratifié cette convention.

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